Quitter sa carrière à 40 ans pour s’installer dans une cabane de 32 m², c’est le pari un brin audacieux que Jérémy Leclercq a relevé. Derrière cette aventure, il y a bien plus qu’un simple besoin de nature : c’est un choix de vie, mûri, assumé, et surtout inspirant pour tous ceux qui rêvent parfois de sortir du cadre… ou au moins d’ouvrir la fenêtre !
Un rêve adolescent devenu réalité
Imaginez souffler vos 18 bougies en décrétant solennellement que vous prendrez votre retraite à 40 ans. Rêve fou ? Pour Jérémy, ce n’est pas resté un voeu pieux. Déjà, à cet âge, il se promettait une vie plus libre, moins encombrée de stress et de conventions. Un serment d’ado que beaucoup rangeraient dans le tiroir des lubies, mais pas lui.
Il faut dire que l’esprit d’initiative, il l’a eu tôt. À seulement 13 ans, encore plus jeune que certains dans leur première boum, voilà notre Vendéen déjà plongé dans l’entreprise familiale aux Sables-d’Olonne. Un chemin tout tracé… jusqu’à ce qu’un accident du travail vienne bouleverser la donne : un doigt en moins, et un déclic. L’expérience marque, la prise de conscience s’impose. Premier choc, première réflexion sur le sens réel du mot « travail » et surtout, de la vie.
Itinéraire (très) mouvementé d’un entrepreneur résilient
Le parcours de Jérémy, ce n’est pas la success story en ligne droite, version conte de fées. Après avoir été commercial pour la famille, il se lance en solo en 2009. Mais voilà, la crise de 2012 cogne dur : première société liquidée, dettes, illusions perdues… Une période sombre où l’on aurait pu le voir baisser les bras. Mais non ! L’homme ne renonce pas si facilement.
Avec une ténacité qui forcerait l’admiration (ou l’épuisement rien qu’en l’imaginant), il rebondit avec une nouvelle aventure nommée « Isolation Sablaise ». Et il ne fait pas les choses à moitié : « J’ai bossé à 300 %, en un an et demi j’ai dû prendre quatre week-ends de repos », raconte-t-il. Le travail acharné finit par payer, le succès pointe le bout du nez… jusqu’à ce que la pandémie de Covid-19, fidèle à elle-même, vienne freiner brutalement l’élan de son entreprise, comme tant d’autres.
Une cabane pour tourner (vraiment) la page
À 40 ans, Jérémy décide donc que le moment est venu de mettre son plan à exécution : exit la course, le stress, les réunions et les horaires, bienvenue à la nature et à la simplicité. Il choisit de s’installer dans une cabane de 32 m², nichée dans l’arrière-pays vendéen. Ici, c’est le bois brut, les oiseaux, et une pause bien méritée dans la frénésie ambiante.
Mais qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’un caprice ou d’un simple chalet du dimanche. Pour Jérémy, cette cabane représente un véritable projet de vie, pensé sur le long terme, avec le rêve d’atteindre l’autonomie totale. Il envisage même de couper définitivement avec le téléphone et l’ordinateur. Autrement dit, rompre franchement et sans regret avec un rythme qu’il ne veut plus subir.
- Vie durable : installation pensée pour tenir sur la durée.
- Autonomie visée : le minimum de technologie, retour à l’essentiel.
- Libération mentale : priorité donnée à sa santé et à sa liberté.
Utopie champêtre ou génie contemporain ?
Tout le monde ne pourra (ni ne voudra) s’offrir une telle parenthèse. Mais le parcours de Jérémy pose question, et ne manque pas d’inspirer. Au fond, le vrai luxe, n’est-ce pas le temps ? Ce temps qu’on choisit d’offrir à ses rêves, à sa santé mentale, à sa liberté, plutôt qu’à un agenda surchargé ou des réunions à rallonge ?
Alors, cette cabane vendéenne, utopie de doux rêveur ou éclat de lucidité ? À chacun son point de vue. Mais force est de constater qu’il y a peut-être plus de sagesse à chercher au fond des bois que dans les open-spaces avec vue panoramique.
Et si la vraie question était : qu’est-ce qu’on veut vraiment faire de notre temps ?

