Lundi 20 octobre 2025 – L’opérateur des aéroports parisiens ADP affiche une progression notable en Bourse ce lundi, portée par la recommandation optimiste de Morgan Stanley. La banque d’investissement américaine a relevé son conseil sur le titre, passant de « neutre » à « surpondérer », équivalent à un signal d’achat. La présentation imminente du nouveau contrat de régulation économique (CRE) représente un facteur déterminant pour redynamiser la valeur selon les analystes.
Une envolée du titre dopée par la perspective du CRE
L’action ADP gagne 3,5 % en milieu d’après-midi sur le marché parisien, surpassant largement la timide évolution du SBF 120 (+0,2 %). Ce regain d’intérêt coïncide avec les anticipations de Morgan Stanley qui considère que les propositions d’ADP concernant le CRE 2026-2030, attendues d’ici décembre, constitueront un catalyseur majeur. Ce document détermine les règles encadrant les investissements et l’évolution tarifaire sur cinq ans, impactant directement la rentabilité et la visibilité du groupe.
Le CRE, pilier essentiel de la régulation aéroportuaire
Le CRE établit le cadre contractuel des activités régulées des aéroports parisiens – Charles de Gaulle, Orly et Le Bourget – excluant les secteurs immobiliers ou commerciaux. Il détermine notamment un taux de rentabilité appelé coût moyen pondéré du capital (CMPC), garantissant que les investissements d’ADP soient justement rémunérés via les redevances versées par les compagnies aériennes. Cette donnée fait l’objet d’une surveillance attentive des investisseurs, puisqu’elle influence directement les revenus futurs du groupe.
Le précédent contrat couvrait 2016-2020, puis une période d’incertitude liée à la pandémie a empêché la finalisation du CRE pour 2021-2025. En l’absence de nouveau cadre quinquennal, les tarifs ont été ajustés annuellement sous l’autorité de l’Autorité de Régulation des Transports (ART). Des désaccords persistants sur le CMPC avaient d’ailleurs marqué la négociation précédente : ADP visait un taux de 5,6 %, tandis que l’ART proposait une fourchette entre 2 % et 4,1 %.
Un marché trop pessimiste selon Morgan Stanley
Morgan Stanley souligne que le secteur aéroportuaire est généralement mal perçu en Bourse lors des phases d’annonces réglementaires, comme l’illustre la récente réaction négative du groupe espagnol Aena. L’incertitude règlementaire prolongée a pesé sur ADP tout au long de 2025, ce qui a conduit selon la banque à un pessimisme excessif du marché, combinant des investissements importants à un CMPC jugé bas.
La banque américaine affiche une confiance renforcée, tablant sur un CMPC autour de 5,5 %, avec un ajustement des redevances aéroportuaires supérieur à 4 %. Ce scénario plus favorable, allié à la publication prochaine des propositions d’ADP, devrait réduire les risques perçus par les investisseurs et relancer la progression du titre.
Morgan Stanley recommande d’anticiper ce réajustement réglementaire, estimant que la prochaine étape contractuelle dégagera une meilleure visibilité et valorisation pour ADP sur les marchés financiers.
Le contrat de régulation économique (CRE) d’ADP constitue un levier essentiel pour l’opérateur — Crédit AFP

