Au travail, l’ennui est rarement un luxe… surtout lorsqu’il s’installe durablement et qu’il ronge la motivation comme une souris s’attaque aux fils de votre ordinateur. Le bore-out, cousin désabusé du burn-out, gagne du terrain en entreprise. Alors, comment repérer les signaux avant de voir le médecin et d’appeler au secours ? Voici les clés pour ouvrir les yeux sans fermer la porte à votre épanouissement professionnel.
Comprendre le bore-out : quand le travail devient (beaucoup trop) tranquille
Le bore-out, c’est bien plus qu’un simple coup de mou le lundi matin ou l’envie de refaire le monde à la machine à café. Il s’agit d’un ennui profond, voire abyssal, ou d’un manque d’intérêt pour son travail, ses tâches, son métier – bref, tous les aspects de la vie professionnelle peuvent être touchés. Aussi appelé syndrome d’épuisement professionnel (et pourtant, il repose surtout sur le vide), il n’épargne personne : salariés comme cadres, tout le monde peut être concerné, quel que soit le secteur d’activité. Les cas sont toutefois plus fréquents dans le tertiaire, où le risque de voir sa vie s’effriter lentement entre deux réunions zoom est bien réel.
Quels sont les signes d’alerte ?
C’est insidieux, le bore-out. On ne s’en rend pas toujours compte tout de suite, mais plusieurs symptômes peuvent (et doivent) vous mettre la puce à l’oreille :
- Démotivation croissante : l’enthousiasme s’en va, remplacé par une lassitude tenace.
- Ennui persistant : quand rédiger un mail devient l’événement de la journée.
- Anxiété : parfois, l’ennui n’est pas aussi reposant qu’il n’y paraît…
- Sentiment de culpabilité irrationnel : ne pas être à la hauteur alors qu’on n’a rien à faire n’arrange rien.
- Tristesse profonde allant parfois jusqu’à la dépression
- Frustration et perte d’estime de soi
La frustration et la chute de l’estime de soi vont souvent de pair avec ces symptômes, tout comme la productivité en berne et les erreurs inhabituelles dans le travail. Il ne s’agit pas de simples « jours sans », mais d’un état qui s’installe… jusqu’à devenir inquiétant.
Bore-out vs. burn-out : des différences fondamentales
Attention, le bore-out n’est pas à confondre avec le burn-out. Le burn-out, c’est le résultat d’une surcharge de travail, d’un stress chronique… et parfois du fantasme d’être Superman ou Wonder Woman (mais sans la cape). Le bore-out, lui, s’installe dans l’absence de défi, le manque de valorisation et l’intérêt qui s’effrite comme un vieux biscuit oublié dans le placard.
Burn-out et bore-out peuvent tous deux déboucher sur une dépression, mais leurs chemins sont inverses. Le burn-out peut aussi entraîner des troubles alimentaires, voire des addictions à des substances nocives pour la santé. Point commun : aucun ne fait rire longtemps.
Que faire face au bore-out ? Des solutions concrètes pour ne pas sombrer
Repérer un bore-out assez tôt n’est pas chose facile. La porte d’entrée, ce sont les symptômes, et il est possible d’anticiper le problème par des comportements récurrents comme :
- Des erreurs inhabituelles au travail
- Une fatigue persistante
- La productivité qui chute
- La dégradation de l’estime de soi
Une fois le diagnostic posé, plusieurs options s’offrent à vous : parler du problème (avec un proche, un psychologue du travail ou même son manager), explorer de nouvelles perspectives d’évolution professionnelle, voire envisager de changer de poste ou de secteur d’activité si nécessaire. C’est comme oser changer de coupe de cheveux après vingt ans de fidélité : ça fait peur, mais ça peut sauver plus que les pointes !
Dans certains cas, le bore-out peut entraîner un arrêt de travail. Il s’agit alors de consulter son médecin traitant en toute sincérité sur ses symptômes et son vécu. À noter : le bore-out n’est pas reconnu comme une maladie professionnelle, mais il n’en est pas moins sérieux.
Enfin, les managers ne doivent pas rester spectateurs. Sans prise en compte du bore-out, c’est la qualité et la productivité du travail qui se détériorent. Valoriser le facteur humain, ajuster la stratégie managériale, mettre en place un accompagnement individuel : ces mesures peuvent tout changer.
En conclusion : le bore-out, ce n’est pas une fatalité ! Plus on en parle, plus on peut réagir à temps. Alors, si l’ennui s’installe au bureau, il n’est jamais trop tôt pour ouvrir le dialogue ou envisager du changement. Votre santé mentale n’a pas de prix… même si votre travail actuel vous fait croire le contraire !

