Le CAC 40 a clôturé mercredi 1er octobre sur une note franchement positive, porté par des données américaines décevantes et le sursaut spectaculaire de deux mastodontes du marché, Sanofi en tête. Cette poussée rapproche dangereusement l’indice parisien du seuil psychologique des 8 000 points.
L’emploi privé américain dévisse, surprise générale
La séance a été bouleversée par une statistique pour le moins inattendue outre-Atlantique. Le traditionnel rapport mensuel du cabinet ADP a révélé une saignée de 32 000 emplois en septembre, là où les analystes misaient sur 51 000 créations de postes. Une performance catastrophique qui n’avait plus été observée depuis mars 2023. Cerise sur le gâteau : le chiffre d’août, initialement créditeur de 54 000 emplois, a été révisé dans le rouge avec 3 000 suppressions.
Cette dégringolade répétée des embauches témoigne d’un essoufflement patent du marché du travail américain. Bastien Drut, stratège économique chez CPRAM, souligne que c’est la troisième occurrence en quatre mois où le rapport ADP affiche des destructions nettes d’emplois – du jamais vu depuis la pandémie.
Pour certains observateurs comme Jamie Cox de Harris Financial Group, l’enquête ADP commence peut-être à coller davantage à la réalité économique américaine.
L’équation se complique davantage avec le récent shutdown gouvernemental qui menace de repousser la publication officielle du rapport emploi initialement prévue demain. Cet arrêt partiel de l’administration fédérale brouille les cartes et amplifie le flou conjoncturel.
« Ces derniers chiffres confirment un net refroidissement du marché de l’emploi, que le shutdown risque d’accentuer. Voilà qui devrait inciter la Réserve fédérale américaine à maintenir, voire accélérer, son rythme de détente monétaire », décrypte Bastien Drut.
Sanofi électrise les Bourses
Du côté des stars du CAC 40, deux géants ont brillé de mille feux. Sanofi s’est envolé de 8,4 %, galvanisé par l’annonce d’un accord entre Pfizer et l’administration Trump concernant la modération des prix pharmaceutiques aux États-Unis. Cette entente redonne un coup de fouet salutaire au secteur sur les places européennes.
Parallèlement, Arcelormittal a grimpé de 5,3 %, ragaillardi par les déclarations de Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne. Ce dernier a confirmé la détermination de Bruxelles à durcir les droits de douane sur les importations d’acier, une mesure protectionniste ciblant l’excès d’offre généré par les sidérurgistes chinois.
Mouvements notables sur les autres compartiments
Hors CAC 40, Soitec a bondi de 4,6 % suite à l’annonce du départ de son directeur général Pierre Barnabé, dont le bilan boursier laissait à désirer. Sur le segment des petites et moyennes capitalisations, Lacroix a littéralement explosé avec un gain de plus de 44 % après des résultats semestriels rassurants.
Sur les marchés des devises et matières premières, l’euro a légèrement fléchi face au billet vert, s’établissant à 1,1723 USD. Le pétrole est resté apathique : le Brent décembre a abandonné 0,8 % à 65,49 dollars le baril, tout comme le WTI novembre à New York qui a cédé 0,8 % à 61,86 dollars.

