Cette épreuve au travail m’a appris qu’on ne doit jamais s’excuser d’être fidèle à ses valeurs

julien
écrit par Thomas

octobre 16, 2025

Vous avez déjà eu cette sensation d’être un pion qu’on replace à la moindre partie échouée, au travail ? Moi, oui. Et il m’a fallu du temps, des kilomètres et quelques désillusions pour comprendre : jamais, au grand jamais, il ne faut s’excuser d’être fidèle à ses valeurs, même si le prix à payer, c’est le doute et la remise en question. Récit d’une traversée du désert… bien instructive.

Quand le rêve de cohérence se heurte à la réalité du marché du travail

Parfois, on imagine qu’atteindre la cohérence entre nos convictions et notre vie professionnelle sera un long fleuve tranquille. Spoiler : non. Je suis une femme lambda, ni optimiste ni pessimiste, sociable mais pas très douée pour « vendre » mes contacts. Après plusieurs épuisements pro, ça m’a trotté dans la tête : et si je visais surtout une existence cohérente ?

Inspirée par des globe-trotteurs débrouillards et des créateurs de projets ouverts d’esprit, j’ai voulu m’imprégner de ce fameux art du rebond. Mais trouver un travail aligné avec mes valeurs, dans un climat de crise et de peur du mauvais recrutement (et sans parler des restrictions sur le chômage…), ce n’est pas de tout repos. Ma propre aventure, c’est :

  • Deux échecs au barreau en deux ans et demi,
  • Un blog ouvert puis fermé aussi vite qu’un parapluie en soirée d’orage,
  • Une tentative d’acheter une agence d’assurances non viable,
  • Enfin, un poste de juriste dans l’économie sociale et solidaire. L’idée ? : remplacer une responsable juridique en congé maternité, même sans expérience directe en tant que juriste.
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Je me lance ! Je fais 250 km, squatte famille et amis, puis trouve mon propre chez-moi. C’était censé durer huit mois, offrir stabilité et nouveaux horizons. La suite a été… disons, surprenante.

L’ascenseur émotionnel de la « période d’essai » et les vices cachés

Le poste, scindé en multiples CDD courts, aurait dû me servir de tremplin. Le statut ? Technicienne (alors que la mission semblait taillée pour un juriste). « Polyvalence » qu’ils disaient. J’étais motivée, prête à tout donner. Mais au bout d’un mois : « Merci, au revoir, la période d’essai n’est pas validée. »

Avec le recul, je vois le ver dans le fruit : accepter ces conditions, c’était avaliser le fonctionnement d’une entreprise où les salariés sont interchangeables. Mes principes de solidarité, et même ma vision du collectif, en ont pris un coup.

Petite cerise sur le gâteau d’amertume : l’annonce du poste était encore visible en ligne, alors que j’étais sur place. Une amie RH analyse froidement la situation : « Ils t’ont probablement fait venir en attendant mieux, gardant l’annonce en ligne, et toi tu comblais. » Pas très classe…

Entre isolement, doutes et prise de conscience

Dans ce climat, demander conseil aux collègues ressemblait à une hérésie. Isolement et agendas débordés, réunions où je réclamais un topo mais qu’on reportait toujours… J’avais l’impression d’être mise en quarantaine.

À la maison, les proches ? Pas toujours mieux. La question fatidique : « Qu’as-tu fait pour rater cette mission ? » Comme si tout était de ma faute, que ma performance était à blâmer. Étrangement, ces réactions-là m’ont plus blessée que l’abandon de mon employeur.

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Mais en vérité, quand on m’a annoncé la fin, aucun ressentiment : plutôt un élan de libération. Si certains aiment l’amateurisme et le manque d’élégance pro, grand bien leur fasse ! J’estime qu’on doit pouvoir :

  • Choisir son employeur (oui, c’est possible),
  • Se tromper, tâtonner, recommencer,
  • Assumer de prendre des risques (au prix parfois d’un retour en arrière douloureux… et coûteux, merci le déménagement).

Surtout, cette expérience peut tout à fait casser une personne qui douterait d’elle-même, qui endosserait tous les torts, croyant devenir inapte au boulot…

Rebondir sans trahir ses valeurs : un apprentissage essentiel

L’avenir ? Je ne le crains pas vraiment. J’ai droit au chômage, quelques appuis familiaux, je ne subis pas la précarité. Alors oui, le monde du travail est sclérosé par la peur et les coûts, l’employeur par la méfiance. Mais le principal pour moi : notre système de protection sociale reste un vrai amortisseur.

En attendant, je vais faire de l’intérim, sûre que si une autre mésaventure arrivait, je ne serais pas totalement démunie. Mais, une chose est sûre, je n’ai plus envie de vivre à nouveau cette expérience.

Me chercher m’a menée sur des chemins sinueux, mais j’observe qu’autour de moi, les personnes qui m’inspirent sont restées cohérentes avec leurs valeurs – celles-là mêmes que j’ai un peu mises de côté pour cette offre. Impossible de revenir en arrière : j’avais donné le maximum, mais je sentais que la mission ne me faisait pas vibrer. Et quand on ne vibre pas, difficile de rester crédible ou heureuse.

Aujourd’hui, je réalise que s’affirmer, et rester fidèle à sa cohérence intérieure, sont la clé de tout rebond, surtout en temps de crise. Peut-être que le monde du travail, parfois, nous remet à notre juste place – et c’est tant mieux.

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Alors, pour cette rentrée que je prépare comme chaque été, je me sens plus lucide que jamais sur ma valeur – pro ou humaine. J’ai quitté ma tour d’ivoire, et voici la leçon : je ne regrette rien, prête à accepter un poste moins qualifié, si mes valeurs personnelles sont respectées. J’ai saisi enfin le sens de la cohérence professionnelle – et nul besoin de s’excuser pour ça.

julien

Esprit analytique et stratège hors pair, Thomas est l’architecte des convictions profondes de Minoritaires.com. Passionné de marchés financiers, d’analyse fondamentale et de stratégies long terme, il apporte une vision lucide et structurée dans chaque prise de position.Derrière son calme apparent se cache une rigueur redoutable et une curiosité insatiable, toujours au service de l’investisseur indépendant. Avec Thomas, la réflexion prend le pas sur l’émotion pour mieux anticiper et comprendre les mouvements de fond.