Vous en avez assez d’être envahi·e de newsletters sorties de nulle part, alors que vous jurez n’avoir donné votre adresse email qu’aux impôts, à votre banquier, et peut-être, allez, à cette boutique en ligne qui vend des chaussettes licorne ? Calmement, venez découvrir l’astuce Gmail (et consorts) pour enfin savoir, noir sur blanc, qui refile vos données dans votre dos. Armez-vous d’un peu de bon sens et d’une pincée de technique : chassons le spam et remontons la piste des marchands d’adresses !
Comment vos données se retrouvent dans la nature
On préfère commencer par un scoop : les entreprises qui inondent votre boîte de messages promotionnels ne tirent pas votre adresse email d’un mégaphone placé sur le toit de leur immeuble. Bien souvent, elles l’achètent à d’autres sociétés, qui ont collecté vos données lors d’une interaction en ligne, parfois sans votre consentement avisé. Personne n’est vraiment à l’abri. Peu importe votre fournisseur de messagerie (Gmail, Outlook, iCloud, même combat), le flot d’e-mails vous concernant grossit d’autant plus que vous souscrivez à des services et newsletters en tout genre.
L’astuce des alias sur Gmail : traquer les indélicats facilement
Voici le cœur du sujet, la fameuse astuce pour débusquer les traitres ! Ce que vous ignorez peut-être, c’est que vous pouvez créer à la volée des variantes de votre adresse Gmail, couramment appelées alias (même si, à la lettre, il s’agit de paramètres utilisateur modifiables par certains opérateurs). Il suffit d’ajouter un « + » et le mot-clé de votre choix juste avant le @ dans votre adresse. Pas besoin de paramétrage avancé : pas d’espaces, pas de caractères exotiques, un simple mot suffit, et c’est parti.
- Exemple : votre adresse [email protected] devient [email protected], [email protected], etc.
- Vous donnez un alias différent à chaque service ou site sur lequel vous vous inscrivez.
- Vous pouvez créer autant d’alias que nécessaire pour organiser le tri de vos emails et automatiser le rangement dans des dossiers spécifiques.
L’intérêt ? Si un spam arrivait (oh surprise) sur [email protected], que vous aviez réservé à Amazon, aucun doute possible : c’est de là que vient la fuite. Un système infaillible pour remonter la piste…
Mais… quelques bémols et limites techniques
Avant de dégainer vos + comme Lucky Luke, quelques nuances s’imposent. Cette astuce est connue des professionnels de la récupération d’adresse mail. Des outils dits « aspirateurs d’emails » savent repérer et parfois neutraliser ces ajouts. Parfois, cela ne vous permet pas d’endiguer tous les spams, surtout si Gmail ne vous laisse pas bloquer les messages adressés à l’identifiant brut (sans le paramètre derrière le +), le symbole + restant cependant le séparateur standard chez Gmail.
Une parade, toutefois, consiste à n’utiliser systématiquement votre adresse qu’avec le paramètre, puis à créer des filtres pour envoyer sans pitié les messages reçus sans ce fameux mot-clé… directement au fond du gouffre numérique, autrement dit, le dossier spam. Attention : il faudra briefer vos amis (surtout ceux moins à l’aise avec la technique) afin qu’ils n’envoient JAMAIS de mail à votre adresse « nue » sous peine de disparaître dans l’antre du spam. Certains conseillent même d’avoir des boîtes mails distinctes pour la sphère privée et vos relations commerciales, afin d’appliquer à chacune des règles différentes.
Petit bémol d’organisation : même si vous triez, attendez-vous à ce que les mails atterrissent aussi bien dans la boîte principale que dans vos sous-dossiers, faute de meilleure classification native. Ce qui peut donner l’impression d’avoir tout trié… tout en retrouvant le même courrier dans le dossier principal. Comme si vos socks licorne se baladaient à la fois dans le tiroir à chaussettes et au milieu du salon.
Comment réagir quand vos données partent en balade ?
Quand vos soupçons se confirment (alias compromis !), plusieurs options s’offrent à vous :
- Signaler le mail comme spam pour que votre boîte filtre et limite les récidives.
- Bloquer l’expéditeur pour qu’il ne puisse plus vous importuner (enfin, sur ce canal-là…)
- Se désinscrire via le lien situé en bas de l’email, mais prudence ! Si l’expéditeur est inconnu ou suspect, cliquer peut valider que votre adresse est active et déclencher d’autres vagues de spams, voire installer des « pourriciels » sur votre navigateur (on ne rigole plus !).
- En cas de doute, n’utilisez le lien de désinscription que pour les services réputés.
- Contactez l’entreprise fautive pour faire valoir vos droits, notamment via le RGPD et la CNIL, et demandez la suppression de vos données.
Bon à savoir : toute cette collecte et revente de vos adresses se fait souvent légalement. Vous avez probablement accepté, sans lire, une politique de confidentialité longue comme le bras… On vous comprend, personne ne lit ces contrats interminables.
En conclusion : L’astuce des alias ne vous mettra pas à l’abri à 100%, mais elle reste l’un des meilleurs moyens pour surveiller la circulation de vos données, à condition de s’organiser et de rester prudent face aux liens suspects. Soyez maître·sse de votre boîte, vos chaussettes licorne vous remercieront.

