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Comment les cryptomonnaies transforment les campagnes présidentielles : de Trump à Marine Le Pen

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écrit par Julien

juin 7, 2025

Les élections présidentielles récentes en Pologne et Corée du Sud révèlent une tendance lourde : les cryptomonnaies quittent leur niche technologique pour s’imposer au cœur des débats politiques. Un phénomène qui gagne du terrain de l’Asie à l’Europe, transformant la manière dont les candidats abordent l’économie numérique.

Corée du Sud : quand la crypto unit droite et gauche

L’élection présidentielle anticipée du 3 juin dernier en Corée du Sud a marqué un tournant. Lee Jae-myung, candidat du Parti démocrate donné largement favori, et son adversaire conservateur Kim Moon-soo partageaient la même vision : alléger la réglementation sur les cryptoactifs et légaliser les ETF cryptos. Leurs programmes envisageaient même d’autoriser le fonds de pension national à placer une partie de ses réserves dans ces actifs numériques.

Cette unanimité politique reflète une réalité sociale frappante. Avec 16,3 millions de Sud-Coréens possédant un compte sur des plateformes crypto locales – soit un tiers de la population -, le pays vit littéralement au rythme des cryptomonnaies. Le fameux « Kimchi Premium », cet écart de prix persistant entre les plateformes coréennes et les marchés internationaux, illustre à lui seul l’intensité de cette demande domestique.

L’ambition va plus loin : d’ici fin 2025, 3 500 entreprises pourraient intégrer les paiements en crypto dans leurs services. Dans cette société hyperconnectée, les actifs numériques sont devenus bien plus qu’un simple placement – ils façonnent désormais l’agenda politique national.

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Pologne : nationalisme et bitcoin font bon ménage

Karol Nawrocki a surpris lors de la présidentielle polonaise. Cet historien nationaliste a fait du bitcoin l’un de ses chevaux de bataille, promettant une fiscalité allégée sur les plus-values crypto et un soutien appuyé à l’innovation blockchain. Une stratégie qui visait principalement l’électorat jeune, renforcée par son alliance publique avec Donald Trump.

Son concurrent du premier tour, Sławomir Mentzen de la coalition libertarienne Konfederacja, poussait l’audace encore plus loin en proposant l’exonération fiscale totale du bitcoin et son intégration aux réserves de la banque centrale. La victoire finale de Nawrocki montre surtout comment la crypto devient un outil electoral efficace plutôt qu’un engagement idéologique profond.

Trump : de crypto-sceptique à crypto-champion

Aux États-Unis, la transformation de Donald Trump reste spectaculaire. L’homme qui qualifiait les cryptomonnaies de « dangereuses » en 2019 a opéré un virage à 180 degrés avant l’élection de 2024. Dès l’été précédant le scrutin, sa campagne acceptait les dons en bitcoin, ethereum et dogecoin via une plateforme dédiée.

Sa promesse de défendre le droit des Américains à posséder leur propre monnaie numérique lui a valu un soutien massif du secteur crypto, qui voyait en lui un bouclier face à une SEC jugée trop agressive sous Biden. Cette conversion s’est concrétisée par la création d’une réserve stratégique de bitcoins et un assouplissement réglementaire favorable à l’innovation.

France : crypto-politique en phase de décollage

Outre-Atlantique, le débat crypto peine encore à émerger dans le paysage politique français traditionnel. Seule l’extrême droite commence à s’emparer du sujet. Marine Le Pen défend ainsi l’idée que le minage de bitcoin pourrait offrir une « opportunité de souveraineté énergétique et monétaire », avec une relocalisation de cette activité dans les zones rurales délaissées.

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Éric Zemmour avait tenté l’aventure en 2022 avec le lancement du memecoin $ZEM, cherchant à séduire un électorat jeune sensible aux cultures Web3. Une démarche qui témoignait d’une volonté de conquérir de nouveaux territoires électoraux.

La majorité présidentielle reste cantonnée à une approche réglementaire européenne classique via le cadre MiCA, sans véritables propositions économiques innovantes. Pourtant, les chiffres parlent : selon une étude Deloitte-Adan, 10 % des Français détenaient des cryptos fin 2024, et 34 % envisageaient d’en acquérir prochainement – malgré un léger recul de la détention effective.

Pendant que les formations dominantes hésitent, l’extrême droite a déjà fait de la crypto un symbole d’émancipation face au système financier traditionnel. Un positionnement qui pourrait bien redéfinir les équilibres politiques à venir.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.

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