Le géant des jeux vidéo Electronic Arts (EA) change de mains dans une opération à 55 milliards de dollars. Un consortium d’investisseurs privés s’offre l’éditeur au prix de 210 dollars par action, provoquant son retrait de la Bourse. Parmi les acteurs de ce rachat figure Jared Kushner, gendre de Donald Trump et patron du fonds Affinity Partners.
Un retrait historique de la cote à 55 milliards de dollars
L’éditeur derrière les franchises sportives emblématiques comme FIFA – rebaptisée EA Sports FC – a annoncé ce lundi 29 septembre son rachat par des investisseurs privés. La transaction, qui valorise EA à 55 milliards de dollars, pulvérise tous les records pour une sortie de Bourse financée intégralement en cash.
Les actionnaires recevront 210 dollars par titre, soit une prime d’environ 8 % comparé au cours de clôture vendredi (193,35 dollars). L’action avait bondi de près de 15 % dans la journée après que des fuites dans la presse anglo-saxonne aient évoqué une offre initiale autour de 50 milliards.
Un consortium piloté par des acteurs clés, dont Jared Kushner
Trois mastodontes financiers orchestrent cette acquisition : le fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF), la société d’investissement Silver Lake, et Affinity Partners, dirigé par Jared Kushner. Dans un communiqué, ce dernier salue la « vision ambitieuse » d’Electronic Arts tout en confiant son attachement personnel à la marque : il a grandi avec ces jeux et partage aujourd’hui cette passion avec ses propres enfants.
Selon le New York Times, ce rachat écrase le précédent record de sortie de Bourse en numéraire détenu depuis 2007 par Texas Utility (32 milliards de dollars).
Une dépendance accrue à la franchise FIFA
Cette acquisition survient alors qu’Electronic Arts peine à diversifier ses sources de revenus. L’entreprise reste largement tributaire de sa franchise FIFA, dont les ventes récentes ont déçu. En début d’année, l’éditeur avait revu à la baisse ses prévisions de chiffre d’affaires pour 2025, pointant du doigt la chute des ventes de ses jeux de football et de Dragon Age, son titre d’heroic fantasy qui a perdu la moitié de son chiffre d’affaires.
Une étude récente de Bank of America révèle que près de 70 % du bénéfice par action provient de cette franchise vieillissante dans un marché saturé. Les analystes estiment qu’EA doit absolument créer une nouvelle méga-franchise capable de générer un milliard de dollars de revenus annuels pour relancer sa croissance.
La stratégie de diversification passe notamment par le lancement prochain de Battlefield 6, un jeu de tir censé élargir le portefeuille et réduire cette dangereuse dépendance au football virtuel.

