Le pouvoir d’achat, grande star (ou méchant ?) de la vie quotidienne, fait encore parler de lui et pour une fois, on ne va pas démarrer par les mauvaises nouvelles. Car la dernière étude Cofidis livre un scoop rafraîchissant : jamais depuis 2012, autant de Français n’avaient estimé voir leur pouvoir d’achat bondir. Mais derrière l’embellie, une France pas si unie face à la vie chère…
Un sentiment en hausse : un record depuis douze ans
Du panier de courses au dernier plein d’essence pour la voiture, difficile d’échapper aux préoccupations liées au pouvoir d’achat. Le sujet n’a pas quitté le devant de la scène pendant les dernières élections législatives. Pourtant, tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne. D’après une étude publiée mardi par Cofidis, menée par l’institut CSA, la proportion de nos concitoyens qui considèrent que leur pouvoir d’achat a augmenté grimpe désormais à 23 %. Cela représente six points de plus qu’en 2023 et, tenez-vous bien, jamais ce chiffre n’avait été aussi haut depuis la création du baromètre en 2012.
Les jeunes, champions de l’optimisme
Dans cette France à deux vitesses, la tranche des 25-34 ans affiche un enthousiasme presque insolent : près de 40 % jugent leur pouvoir d’achat « élevé ». Alice, 25 ans, consultante junior dans un cabinet de conseil en stratégie, partage ce sentiment : « J’ai de la chance d’avoir eu un salaire confortable dès l’obtention de mon diplôme. Je travaille à Paris, mais je vis en proche banlieue, ce qui me permet d’avoir un pouvoir d’achat plutôt… » Voilà qui explique en partie ce regain de moral chez les jeunes actifs, même si l’on sait, expérience oblige, que le banlieusard malin peut parfois dépenser un peu moins pour s’offrir une vie « un peu parisienne… mais pas trop ».
- Près de 40 % des 25-34 ans estiment avoir un pouvoir d’achat élevé
- 23 % des Français ont le sentiment que leur pouvoir d’achat a récemment augmenté
Bon, il serait tentant de croire à une embellie généralisée, mais la réalité, comme souvent, s’avère plus contrastée.
Des inégalités qui persistent : seniors et restaurateurs trinquent
Si l’optimisme gagne certains foyers, beaucoup continuent d’affronter de vieux démons. Nombre de seniors, notamment, disent peiner à boucler leurs fins de mois face à l’inflation. Selon une enquête du collectif Silver Alliance, le sentiment de déclassement plane sur cette partie de la population. D’ailleurs, un graphique fraichement sorti d’un quotidien britannique a enflammé les réseaux sociaux : la France serait l’un des rares pays où les retraités gagneraient plus que les actifs ! Mais derrière cette information « choc », la réalité se révèle « plus nuancée » : le modèle social hexagonal montre quelques signes de mutation.
À côté de cela, les habitudes de consommation changent. Lassés par des factures jugées trop salées et une qualité parfois décevante, bon nombre de consommateurs délaissent les restaurants traditionnels pour d’autres modèles : livraison à domicile, fast-foods, épiceries fines, box repas… Les restaurateurs observent aussi une baisse significative des pourboires, aggravée par la généralisation du paiement électronique ; un manque à gagner qui inquiète les professionnels du secteur.
Consommation en berne, moral hésitant
Mais, cocorico modéré, cette légère amélioration du pouvoir d’achat ne se traduit pas par une explosion de la consommation des ménages. Selon les économistes, malgré une situation en apparence plus favorable, le moral reste en berne. Un phénomène qui pourrait durer encore un certain temps. D’ailleurs, comme le résume un observateur venu de la terre : « Depuis l’âge de 30 ans, je ne compte pas quand j’ai besoin de quelque chose, mais, fils de paysans dans une famille nombreuse, je n’ai jamais eu le goût du luxe. Mon seul problème est de savoir comment placer ce que j’économise passé le tiers du mois. » Une sagesse à méditer ?
Dans cette mosaïque française, il est clair que percevoir le quotidien à travers la seule notion de pouvoir d’achat « n’aide en rien à répondre au gigantesque défi de la revalorisation du travail ». Pour certains, la fin du mois ne se résume pas à un calcul, mais à une adaptation permanente aux mutations du monde, entre espoirs et résignations.
Conseil du jour : que vous soyez du clan des « j’ai un peu plus de marge » ou des « je serre la ceinture », gardez l’œil ouvert : ces chiffres disent surtout que rien n’est jamais acquis… et que, parfois, il suffit d’un rien pour que le moral (et le portefeuille) bascule d’un côté ou de l’autre !

