Pourquoi la France vend ses « bijoux de famille » à l’étranger

Pourquoi la France vend ses « bijoux de famille » à l’étranger

julien
écrit par Thomas

août 29, 2025

Face à des déficits extérieurs qui s’accumulent année après année, la France se retrouve dans une situation critique. Pour continuer à financer ses dépenses courantes, le pays en est venu à céder des actifs stratégiques, parfois dans des secteurs aussi sensibles que la défense ou la santé.

Un déficit extérieur qui inquiète

On parle beaucoup de la dette publique – plus de 3 157 milliards d’euros fin mars – mais bien moins du déficit de la balance des paiements, pourtant tout aussi préoccupant. Selon la Banque de France, le déficit courant a atteint 19,4 milliards d’euros sur douze mois, reflet d’un commerce extérieur toujours déficitaire (–60,3 milliards), partiellement compensé par des excédents dans le tourisme et les services.

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, l’a résumé sans détour : « La France est cigale, nous consommons davantage que nous produisons. Cela pèse sur notre croissance et notre position extérieure nette. »

La spécificité française face à l’Europe

Alors que l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne affichent des excédents, la France cumule depuis vingt ans des déficits. Résultat : une position extérieure nette négative de 793 milliards d’euros, soit plus de 28 % du PIB. En clair, les créances étrangères sur la France dépassent largement ce que possèdent les acteurs français à l’étranger.

Ce déséquilibre reste peu évoqué dans le débat public, contrairement aux critères de Maastricht. Pourtant, il pourrait bientôt déclencher une procédure européenne sur les déséquilibres macroéconomiques, dont le seuil est fixé à 35 % du PIB. La France s’en rapproche dangereusement.

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L’effet anesthésiant de l’euro

Avant l’euro, un déficit extérieur important provoquait une crise monétaire et une dévaluation du franc, comme dans les années 1980. Désormais, la monnaie unique protège la France de ce type de choc immédiat, donnant l’impression trompeuse que ces déficits n’ont pas de conséquence.

Pour autant, plus de la moitié de la dette publique française est détenue par des investisseurs étrangers, rappelle la Banque de France. Et les capitaux circulent : en 2023, les entreprises françaises ont investi 67 milliards d’euros hors de l’Hexagone, contre seulement 39 milliards investis par des groupes étrangers en France.

La vente d’actifs stratégiques

Pour maintenir l’équilibre, l’État a autorisé le rachat de 135 entreprises sensibles par des capitaux étrangers en 2023, notamment dans la défense, le spatial ou les transports. Ces ventes illustrent une réalité : pour financer nos achats courants – de voitures ou de smartphones – nous sacrifions parfois nos actifs stratégiques, véritables « bijoux de famille » industriels.

Produire plus pour préserver la souveraineté

Ce déséquilibre structurel interroge directement la souveraineté économique de la France. À force de vendre des actifs pour financer notre consommation, nous nous plaçons dans une dépendance accrue vis-à-vis de l’étranger.

La conclusion des économistes est claire : pour préserver notre pouvoir d’achat tout en évitant d’hypothéquer nos richesses stratégiques, la France devra produire davantage, et surtout mieux, afin de réduire un déficit extérieur qui fragilise son avenir.

julien

Esprit analytique et stratège hors pair, Thomas est l’architecte des convictions profondes de Minoritaires.com. Passionné de marchés financiers, d’analyse fondamentale et de stratégies long terme, il apporte une vision lucide et structurée dans chaque prise de position.Derrière son calme apparent se cache une rigueur redoutable et une curiosité insatiable, toujours au service de l’investisseur indépendant. Avec Thomas, la réflexion prend le pas sur l’émotion pour mieux anticiper et comprendre les mouvements de fond.

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