Les critiques d’Ethereum, cette deuxième blockchain la plus valorisée au monde, ne manquent pas. Pourtant, nombreux sont ceux qui voient en elle un « pétrole numérique ». Après avoir traversé des hauts et des bas depuis sa création en 2013, la blockchain d’Ethereum est à un tournant, notamment avec une adoption croissante sur Wall Street et un écosystème de plus en plus soutenu par des géants de la tech.
Une blockchain sous pression, mais toujours debout
Ethereum a connu une année 2025 difficile, marquée par un ralentissement de son prix par rapport à celui de Bitcoin, la cryptomonnaie phare. À titre de comparaison, l’Ether s’échangeait autour de 2 500 dollars, soit environ 50 % de moins que son record historique. Certains analystes ont même proclamé la fin d’Ethereum, allant jusqu’à écrire : « Ethereum est mort, il n’a tout simplement pas encore été enterré ». Mais, est-ce vraiment la fin ?
Joseph Lubin, cofondateur d’Ethereum et CEO de Consensys, préfère voir les difficultés d’Ethereum comme des opportunités d’apprentissage. « Chaque difficulté est une leçon », affirme-t-il. Et c’est bien ce qu’Ethereum semble vouloir prouver, même si son parcours a été semé d’embûches. Du piratage de 2016 à des mises à jour majeures comme celle de 2022, la blockchain n’a cessé d’évoluer, tout en affrontant des défis techniques et économiques.
Les frais de congestion : un problème récurrent
L’un des problèmes majeurs d’Ethereum, dès ses débuts, a été la congestion du réseau et les frais de gaz élevés. Ces frais, payés pour chaque transaction sur la blockchain, ont explosé en 2021, atteignant des sommets vertigineux. Pour y remédier, des solutions ont été mises en place, comme les blockchains de couche 2 (L2), telles que Arbitrum et Polygon, qui permettent de réduire les coûts en concentrant plusieurs transactions dans un seul paquet.
Bien que cette approche ait réduit les frais de gaz de plus de 99 % depuis 2020, certains estiment que cela a diminué la valeur intrinsèque du réseau Ethereum. Selon Kyle Samani, de Multicoin Capital, cette solution a vidé le réseau de son activité principale. Pour lui, un réseau de blockchain, pour être durable, doit posséder une activité directe des utilisateurs. Ethereum, avec ses chaînes L2, a peut-être sacrifié une partie de sa valeur initiale en concentrant une partie de son activité ailleurs.
L’avenir d’Ethereum : un « ordinateur mondial » en pleine expansion
Cependant, Paul Brody, président de l’Enterprise Ethereum Alliance, défend une autre vision : « Ethereum est l’ordinateur mondial par excellence », dit-il. Il considère que la blockchain ne doit pas forcément chercher à rivaliser avec Bitcoin en tant que cryptomonnaie, mais plutôt à se positionner comme l’infrastructure numérique indispensable à la gestion des actifs réels à l’échelle mondiale.
Les efforts sont désormais concentrés sur l’optimisation du réseau de couche 1, et non seulement sur les L2, pour augmenter la vitesse et l’efficacité du système. De plus, des investissements croissants de la part de Wall Street et des grands acteurs de la tech laissent entrevoir un avenir radieux pour Ethereum.
Danny Ryan et Vivek Raman, deux experts du groupe Ethrealize, prédisent que la demande pour Ethereum augmentera avec l’adoption croissante de la blockchain par les institutions financières. Selon Raman, Ethereum est vu comme un « pétrole numérique » — une ressource précieuse sur laquelle les géants mondiaux pourront bâtir leur infrastructure. Pour lui, Ethereum est bien plus qu’une simple cryptomonnaie, il s’agit de l’infrastructure sur laquelle reposera une partie des échanges numériques mondiaux dans les années à venir.
Un futur prometteur ?
La question reste cependant en suspens : Ethereum parviendra-t-il à surpasser ses concurrents, notamment Solana, qui a également fait de la blockchain une priorité stratégique ? Les observateurs restent divisés. Les partisans d’Ethereum, optimistes, estiment que le prix de l’Ether finira par s’ajuster, et que la plateforme continuera à croître à mesure que de nouveaux cas d’utilisation et partenariats se développeront.
En résumé, si Ethereum traverse des épreuves, son avenir reste prometteur grâce à ses bases solides et à l’engouement croissant de Wall Street et des grands investisseurs. La blockchain Ethereum, malgré ses défis, semble bien décidée à s’imposer comme un acteur clé du système financier mondial, même face à la dominance de Bitcoin.

