OpenAI vient d’annoncer lundi un accord pluriannuel majeur avec Amazon Web Services (AWS), la division cloud du géant du e-commerce. Cette alliance stratégique, étalée sur sept ans, permettra à la start-up californienne d’accéder aux infrastructures numériques d’AWS pour alimenter ses modèles d’intelligence artificielle générative. Le montant ? Un colossal 38 milliards de dollars.
Des ressources informatiques gigantesques pour dopée l’IA générative
La société créatrice de ChatGPT et des modèles GPT va désormais pouvoir exploiter la puissance de calcul phénoménale mise à disposition par les centaines de milliers de puces graphiques Nvidia installées dans les datacenters d’AWS. Cette infrastructure permettra d’accélérer considérablement l’entraînement et le perfectionnement des algorithmes d’OpenAI.
Dans leur déclaration conjointe, les deux groupes mettent l’accent sur les bénéfices que tirera OpenAI : une montée en puissance rapide de ses capacités de calcul, tout en profitant des forces d’AWS en termes de coût, performance, évolutivité et sécurité.
La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre. L’action Amazon a grimpé de 4,6 % dès l’ouverture de la Bourse de New York.
AWS reprend des couleurs dans la bataille du cloud</2>
Ce partenariat tombe à pic pour Amazon, dont la division cloud cherche à conserver son avance historique face à la montée en flèche de Google Cloud et Microsoft Azure.
Sous la direction d’Andy Jassy, AWS a récemment publié des résultats encourageants, affichant une progression annuelle de 20 % sur le dernier trimestre – sa meilleure performance depuis la fin 2022. Ces chiffres avaient d’ailleurs propulsé Amazon de près de 10 % en bourse la semaine précédente.
Dan Ives, analyste chez Wedbush, y voit un signal fort : cette reprise d’AWS, combinée aux nouvelles positives, rassure les investisseurs sur la capacité du management à préserver son leadership, particulièrement dans le secteur en plein boom de l’IA.
OpenAI multiplie les alliances stratégiques milliardaires
Cet accord avec Amazon s’inscrit dans une stratégie plus large d’OpenAI, qui enchaîne les partenariats stratégiques. Le mois dernier, la start-up avait déjà conclu des contrats avec plusieurs mastodontes de la tech spécialisés dans l’accélération de l’IA : Nvidia (pour au moins dix gigawatts de capacité), AMD (six gigawatts) et Broadcom (jusqu’à dix gigawatts).
Pour mettre ces chiffres en perspective, la banque UBS estime que chaque gigawatt d’infrastructure de datacenter nécessite environ 50 milliards de dollars d’investissements dans le secteur.
D’autres géants du cloud ont également sauté dans la danse. Oracle, par exemple, a signé avec OpenAI un contrat vertigineux de 300 milliards de dollars.
Concentration du marché et craintes de surchauffe spéculative
Cette série d’annonces, qui gravite autour d’une poignée d’acteurs dominants, relance les interrogations sur un possible emballement spéculatif dans l’univers tech et IA.
Goldman Sachs a récemment alerté sur cette dynamique : l’explosion des valorisations des entreprises liées à l’IA, les investissements pharaoniques et les partenariats croisés entre fournisseurs d’infrastructures et hyperscalers créent une situation où les frontières classiques entre clients et prestataires deviennent floues.
Reste que la majorité des spécialistes tempère ces inquiétudes. Ils soulignent que la solidité financière de ces groupes et leur capacité à dégager des flux de trésorerie substantiels limitent, pour l’instant, les risques de formation d’une bulle financière majeure.

