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L’Oréal subit les contrecoups des déboires de Coty et Estée Lauder

julien
écrit par Julien

novembre 14, 2025

Malgré des résultats semestriels solides, L’Oréal pâtit des difficultés de ses principaux rivaux américains et européens, qui font vaciller l’ensemble du secteur cosmétique à la Bourse de Paris.

Un paysage contrasté pour les géants de la beauté

Fin juillet, L’Oréal avait rassuré les marchés avec des indicateurs prometteurs, laissant entrevoir une accélération de croissance pour le second semestre. Mais voilà que ses principaux concurrents viennent troubler cette belle dynamique.

Le groupe allemand Beiersdorf – qui chapeaute Nivea et Labello – avait déjà donné le ton en juillet : son titre avait plongé de 8,4 % après des ventes décevantes au deuxième trimestre et une révision à la baisse de ses objectifs annuels. Une douche froide qui n’était qu’un avant-goût des turbulences à venir.

Aujourd’hui, ce sont les mastodontes américains Estée Lauder et Coty qui alimentent l’inquiétude, créant un climat de défiance généralisée dans l’univers des parfums et cosmétiques.

Estée Lauder dans le dur avec des perspectives ternes

Mercredi, l’action Estée Lauder – qui possède notamment Balmain, MAC et Tom Ford – a cédé 3,7 % suite à la publication de ses résultats du quatrième trimestre 2024-2025 (clos fin juin) et de ses prévisions annuelles.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une chute des ventes comparables de 13 %, soit pire que les 12 % redoutés par les analystes. Cette déroute s’explique largement par un effondrement en Chine et dans le travel retail, tandis que les revenus outre-Atlantique ont reculé de 5 %.

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Pour l’exercice qui s’ouvre, le groupe table sur une croissance modeste oscillant entre 0 et 3 % en données comparables – autant dire que l’optimisme n’est pas au rendez-vous.

Deutsche Bank pointe du doigt plusieurs écueils : des décalages persistants entre expéditions et ventes en Amérique du Nord (qui dureront jusqu’au premier trimestre 2026), un marché européen fragilisé, une fiscalité plus lourde qu’escompté (environ 36 %) et des coûts de restructuration qui vont peser sur la trésorerie.

Coty s’effondre après des résultats catastrophiques

Le spectacle est encore plus brutal du côté de Coty. Le groupe – connu pour ses marques de maquillage Bourjois et ses parfums sous licence (David Beckham, Hugo Boss, Burberry, Davidoff) – a vu son cours s’écrouler de 16,5 % dans les échanges post-marché à Wall Street mercredi soir, avant de continuer à tanguer à Paris.

Les nouvelles sont accablantes : une dégringolade de 9 % des revenus comparables sur le dernier trimestre de l’exercice 2025-2026, assortie d’une perte par action de 5 cents.

L’horizon ne s’éclaircit guère : Coty anticipe une baisse des ventes de 6 à 8 % en données comparables pour le premier trimestre 2025-2026. Une dégradation bien plus sévère que les 2,8 % de repli attendus par le consensus Bloomberg. Cette contraction devrait se poursuivre au deuxième trimestre avant – espère-t-on – un redressement en fin d’exercice.

L’entreprise invoque des vents défavorables sur le marché américain et des pressions accrues sur les cosmétiques grand public. Elle évoque aussi les problèmes de déstockage chez les distributeurs, qui créent un fossé important entre les « sell-in » (ventes aux distributeurs) et « sell-out » (ventes aux consommateurs), même si cet écart tend à se résorber.

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L’Oréal pris dans la tourmente sectorielle

Ironie du sort : malgré ses bons résultats, L’Oréal subit les contrecoups de cette débandade. Son action recule d’environ 1,44 % à la Bourse de Paris, figurant parmi les plus fortes baisses du CAC 40, victime collatérale des tourments de ses homologues américains.

UBS juge que les enseignements des annonces de Coty et Estée Lauder sont « au mieux mitigés » pour L’Oréal, qui tire environ 37 % de son chiffre d’affaires du parfum et du maquillage.

Certes, UBS reconnaît que la marque distance largement ses rivaux grâce à une exécution opérationnelle plus robuste et mise sur une multiplication des lancements de nouveautés au second semestre. Mais l’analyste met en garde contre la volatilité accrue du secteur. Les réajustements brutaux des stocks chez les distributeurs provoquent des distorsions majeures entre ventes aux distributeurs et aux consommateurs, tandis que la concurrence s’exacerbe.

Les analystes gardent confiance dans l’accélération de L’Oréal pour la seconde moitié de 2025 : HSBC table sur une croissance de 5 % en données comparables (contre 3 % au premier semestre) et UBS va même jusqu’à 5,5 %. Mais ils reconnaissent que ces attentes sont déjà largement intégrées dans les cours, ce qui limite les perspectives de gains supplémentaires à court terme.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.

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