Le géant européen de la volaille démarre l’exercice 2025-2026 sur les chapeaux de roue. Cette dynamique s’explique par l’appétit croissant des consommateurs pour le poulet et les récentes acquisitions à l’international, qui renforcent l’optimisme du groupe. Résultat : LDC anticipe désormais d’atteindre ses objectifs stratégiques 2026-2027 avec une année d’avance.
Un démarrage en fanfare pour le premier trimestre
Entre mars et fin mai 2025, LDC a généré un chiffre d’affaires de 1,682 milliard d’euros, bondissant de 10,9 % comparé à la même période l’an dernier. Sans les effets périmètre, la hausse atteint tout de même 4,1 %.
Ces chiffres collent parfaitement aux prévisions. TP ICAP Midcap tablait sur 1,655 milliard d’euros, reconnaissant que les acquisitions ont apporté un petit plus inattendu. Oddo BHF visait 1,658 milliard – LDC fait 1,5 % de mieux.
Côté volumes, le propriétaire des marques Loué et Marie affiche une progression de 7,4 %, avec 1,2 % de croissance organique. Certes, c’est un poil en dessous des attentes de TP ICAP, mais des prix plus avantageux ont permis de rattraper le terrain perdu.
La France tire son épingle du jeu
Le pôle Volaille France s’en sort bien avec une hausse de 5,5 %, pour atteindre 1,161 milliard d’euros. Hors acquisitions, la croissance reste solide à 4,2 %, soutenue par une augmentation des volumes de 1,4 %. Le groupe observe une consommation de volaille « bien orientée » – traduction : les Français mangent plus de poulet, surtout en grande surface et sur les produits de marque.
Seule ombre au tableau : le pôle Amont recule de 1,2 %. La faute à une pénurie d’œufs coquilles sur un marché déjà tendu.
L’international reprend des couleurs
Bonne nouvelle du côté des marchés extérieurs, qui « retrouvent des couleurs » selon TP ICAP Midcap. Sur le trimestre janvier-mars 2025, le chiffre d’affaires organique progresse de 4,6 %, avec des volumes en hausse de 2,1 % et des prix qui grimpent de 2,5 %.
Face à une demande qui explose et des problèmes sanitaires dans certains pays européens, LDC a relevé ses tarifs et renforcé ses outils de production, note Oddo BHF.
Le grand écart se joue sur les données consolidées : le chiffre d’affaires international bondit de 54 % en un an ! Cette envolée découle directement des acquisitions d’Indykpol et Konspol en Pologne, Calibra en Roumanie, plus European Convenience Food en Allemagne – toutes intégrées en 2024.
Autre motif de satisfaction : le marché du canard se redresse petit à petit, permettant à ce segment de renouer avec la croissance après une année 2024 compliquée.
Des ambitions revues à la hausse
La Bourse de Paris a salué ces résultats : l’action LDC a grimpé de 3,5 % dans la foulée de la publication.
Le groupe se montre confiant et annonce pouvoir devancer d’un an tous les objectifs de son plan stratégique 2026-2027, qu’il compte atteindre dès la fin de l’exercice 2025-2026.
LDC se donne pour mission de franchir le cap des 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici fin février 2026. Cette montée en puissance s’accompagne d’une rentabilité améliorée, avec un EBITDA visé autour de 560 millions d’euros sur la même période.
Oddo BHF précise que des détails supplémentaires sur la marge opérationnelle seront dévoilés lors de la publication des résultats semestriels, attendue fin novembre.
Le groupe continue ses discussions pour obtenir des hausses tarifaires, destinées notamment à mieux rémunérer les éleveurs – un enjeu crucial pour la pérennité de la filière.
Le bureau d’études souligne que la valorisation actuelle de LDC reste dans des niveaux historiquement cohérents, tout en profitant de perspectives de marge intéressantes dans un marché de la volaille dynamique. Il relève son objectif de cours à 103 euros, maintenant sa recommandation de surperformance sur le titre.

