porsche-pris-au-piege-entre-trump-et-la-chine-laction-seffrite-apres-un-troisieme-avertissement-sur-resultats

Porsche pris au piège entre Trump et la Chine : l’action s’effrite après un troisième avertissement sur résultats

julien
écrit par Julien

septembre 23, 2025

Le constructeur allemand de prestige a une nouvelle fois raboté ses ambitions financières pour 2025, victime d’un virage stratégique dans l’électrique qui coûte cher. Un mal de tête qui se propage jusqu’à Volkswagen, sa maison-mère.

L’automobile allemande dans l’étau

« L’âge d’or que nous avons vécu dans l’automobile, c’est fini sous cette forme », lâchait Oliver Blume lors du salon de Munich. Le patron de Volkswagen et Porsche ne mâche pas ses mots : la croissance est plombée par une demande chinoise qui fait grise mine, sans compter les droits de douane américains qui compliquent la donne. Porsche, qui avait déjà sabré ses prévisions de rentabilité fin juillet, se retrouve « pris en sandwich » entre ces pressions croisées et une transition électrique qui s’avère plus tortueuse que prévu.

Un changement de cap qui coûte une fortune

Le 19 septembre, coup de théâtre : Porsche annonce qu’elle repousse le lancement de ses modèles 100% électriques pour miser à nouveau sur le thermique et l’hybride. La raison ? L’appétit pour les voitures électriques s’étiole, particulièrement sur le segment premium chinois où Porsche a vu ses livraisons électriques chuter de 28 % sur le premier semestre.

Cette volte-face va coûter la bagatelle de 1,8 milliard d’euros en 2025, obligeant le constructeur à revoir ses copies une fois de plus. La marge opérationnelle ? Elle pourrait désormais flirter avec les 2 % seulement, loin des 5 % à 7 % escomptés initialement. Chez Oddo BHF, on anticipe une dégringolade de 70 % du consensus sur l’Ebit de Porsche pour cette année.

A LIRE  CAC 40 : L'inflation zone euro chute sous 2%, Paris recule

Les ventes attendues oscillent maintenant entre 37 et 38 milliards d’euros, avec une marge d’exploitation automobile ramenée à 10,5-12,5 % contre 14,5-16,5 % précédemment. Pour Oddo BHF, ce troisième avertissement de l’année trahit l’ampleur des turbulences : refonte de gamme « risquée et coûteuse », retards qui s’accumulent sur plusieurs produits et plateformes… Le cocktail détonnant qui menace l’équilibre financier du groupe.

L’onde de choc touche Volkswagen et les Bourses

Volkswagen, qui détient plus de 75 % de Porsche, n’est pas épargné par la tempête. Le géant allemand devra encaisser un impact de 5,1 milliards d’euros sur son résultat opérationnel, ramenant sa marge entre 2 et 3 % au lieu des 4-5 % espérés.

Les marchés ont sanctionné sans pitié ce lundi 22 septembre. Porsche AG a plongé de 7 % à Francfort, Volkswagen de 6,8 %. L’effet de contagion s’est répandu comme une traînée de poudre : Mercedes-Benz (-2,9 %), BMW (-2,45 %), Stellantis (-3,2 %) et Renault (-0,5 %) ont tous mordu la poussière.

Cerise sur le gâteau amer : Porsche s’est fait éjecter du DAX le même jour. Une déchéance symbolique qui illustre le chemin de croix boursier depuis son introduction en 2022. Lancé à 82,50 euros, le titre navigue aujourd’hui autour de 40 euros – une chute de plus de 50 % qui reflète une communication corporate jugée peu convaincante et une confiance des investisseurs au point mort.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.