General Motors vient de publier des résultats trimestriels qui révèlent l’ampleur des dégâts causés par les droits de douane. Le constructeur de Detroit a vu ses bénéfices du deuxième trimestre 2025 chuter lourdement, notamment à cause d’un impact de plus d’un milliard de dollars lié aux surtaxes commerciales. Wall Street n’a pas apprécié : l’action GM s’est effondrée ce mardi.
Le secteur automobile dans l’étau des taxes commerciales
L’industrie automobile américaine paie cash les tensions commerciales actuelles. Les importations en provenance du Mexique et du Canada – deux partenaires historiques – subissent des taxes qui grèvent les comptes. Ces pays expédient massivement pièces détachées et véhicules assemblés vers les États-Unis. Les surtaxes touchent également l’acier, l’aluminium et tout l’équipement automobile.
Certes, l’administration américaine a tenté d’alléger le fardeau avec un décret d’avril 2025 contre les « doubles peines ». Mais les taxes restent bien présentes, encadrées par l’accord USMCA qui lie les trois pays nord-américains. Une analyse Bernstein de l’automne 2024 dresse un tableau éloquent : Stellantis et Volkswagen importent 40 % de leurs volumes américains depuis le Mexique et le Canada, contre 30 % environ pour GM et 25 % pour Ford.
Premier trimestre difficile, troisième encore plus dur
Les chiffres de GM parlent d’eux-mêmes : 1,1 milliard de dollars d’impact net des droits de douane sur le résultat opérationnel du deuxième trimestre. Pire, le constructeur avoue n’avoir pu que peu atténuer cette hémorragie financière. Et la suite s’annonce compliquée car le troisième trimestre devrait être encore plus touché, les frais indirects des surtaxes arrivant avec retard.
GM table sur un coût « brut » des droits de douane entre 4 et 5 milliards de dollars pour l’ensemble de 2025. Le groupe espère néanmoins diminuer cette facture d’environ 30 % grâce à des hausses de prix, une meilleure maîtrise des coûts et quelques réajustements de production.
Rapatriement de la production : GM accélère
Face à cette pression tarifaire, General Motors joue la carte du « Made in USA ». En juin dernier, l’entreprise a dévoilé un plan d’investissement de 4 milliards de dollars sur deux ans pour muscler ses capacités industrielles domestiques. Objectif : produire 300 000 véhicules supplémentaires sur le sol américain, avec au menu crossovers, SUV et pickups – les segments qui rapportent.
Mary Barra, la patronne de GM, justifie cette stratégie par trois impératifs : satisfaire « la forte demande non satisfaite des clients », réduire l’exposition aux droits de douane et capitaliser sur le lancement de nouveaux modèles. Dans 18 mois, GM devrait assembler plus de 2 millions de véhicules par an sur le territoire américain.
Des résultats contrastés qui déçoivent Wall Street
Malgré des fondamentaux pas si dégradés, la Bourse a sanctionné sévèrement GM ce mardi. L’action perdait 6,7 % vers 17h30 (heure française), les investisseurs craignant par-dessus tout l’impact prolongé des droits de douane.
Pourtant, les résultats trimestriels ont dépassé les prévisions des analystes. Le chiffre d’affaires s’établit à 47,1 milliards de dollars, soit un recul limité de 2 % sur un an. Le résultat opérationnel ajusté ressort à 3 milliards contre 4,4 milliards douze mois plus tôt, faisant glisser la marge opérationnelle de 9,3 % à 6,4 %. Le bénéfice par action s’inscrit à 2,53 $ contre 3,06 $ précédemment.
Ces performances battent les attentes du consensus compilé par Dan Ives (Wedbush) : les analystes tablaient sur 45,84 milliards de ventes, 2,84 milliards de résultat opérationnel ajusté et 2,34 $ de bénéfice par action.
Plus préoccupant, le flux de trésorerie ajusté des activités automobiles a fondu de moitié à 2,8 milliards, plombé à la fois par les paiements de droits de douane et les variations du besoin en fonds de roulement.
Dan Ives tempère toutefois : malgré la pression des surtaxes, l’équipe dirigeante de Mary Barra « continue de bien gérer » une situation délicate, portée par une demande solide sur l’ensemble de la gamme, véhicules électriques comme thermiques.
GM maintient ses objectifs 2025 : résultat opérationnel ajusté entre 10 et 12,5 milliards de dollars, bénéfice par action ajusté entre 8,25 $ et 10 $.

