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Stellantis plonge avec 2,3 milliards d’euros de pertes : la Bourse reste stoïque

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écrit par Julien

juillet 22, 2025

Le groupe automobile Stellantis a levé le voile ce lundi 21 juillet sur des résultats préliminaires catastrophiques pour le premier semestre 2025 : une perte nette de 2,3 milliards d’euros. Pourtant, cette déconfiture financière n’a provoqué qu’un sursaut modéré sur les marchés. Les investisseurs s’attendaient au pire depuis que l’entreprise avait jeté l’éponge sur ses objectifs 2025 en avril dernier.

L’automobile dans la tourmente

L’industrie automobile navigue en eaux troubles, ballottée entre une demande capricieuse et une concurrence qui s’acharne. Même Renault, longtemps considéré comme le bon élève du secteur, a fini par craquer : le constructeur au losange a sabré ses prévisions annuelles, victime d’un effondrement des ventes fin juin.

Cette annonce survient quelques semaines après le carnage boursier de Renault à Paris. L’action avait dévissé de 18,5 % en une seule séance – du jamais vu depuis mars 2020.

Stellantis dans le rouge vif

Sur les six premiers mois de 2025, Stellantis prévoit donc de creuser un trou de 2,3 milliards d’euros dans ses comptes. Un contraste saisissant avec les 5,65 milliards de bénéfices engrangés à la même période l’an passé. Cette chute libre s’explique notamment par le caractère encore provisoire des mesures visant à améliorer la rentabilité, combiné à une inflation des coûts de production qui ne faiblit pas.

Le groupe pointe aussi du doigt les nouveaux tarifs douaniers américains, véritables boulets traînés aux comptes. Ces résultats catastrophiques intègrent 3,3 milliards d’euros de charges nettes avant impôts – un cocktail explosif mêlant annulations de programmes, dépréciations d’actifs industriels et coûts de restructuration. S’y ajoute le fardeau de la réglementation CAFE sur les émissions de CO2, dont les seuils draconiens pèsent lourd sur les finances.

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Côté trésorerie, le tableau n’est guère plus reluisant. Stellantis table sur un flux industriel négatif de 3 milliards d’euros, tandis que son cash-flow opérationnel devrait plonger à -2,3 milliards. L’EBIT ajusté frôle le néant avec 0,5 million d’euros seulement, sur un chiffre d’affaires de 74,3 milliards d’euros – soit un recul de 12,3 % sur un an.

Les droits de douane font des ravages

Le deuxième trimestre illustre parfaitement cette déroute. Stellantis anticipe une baisse de 6 % de ses facturations mondiales en glissement annuel, avec 1,4 million d’unités écoulées. Cette dégringolade résulte largement des arrêts de production imposés en début de trimestre par les nouvelles taxes douanières nord-américaines. Résultat : les livraisons s’effondrent de 25 % sur cette zone géographique cruciale.

L’Europe n’échappe pas à la morosité, avec des facturations en recul de 6 %. La transition vers une nouvelle gamme de produits explique en partie cette contre-performance – plusieurs modèles phares peinent encore à atteindre leur rythme de croisière ou attendent leur lancement prévu pour la seconde moitié d’année. Malgré tout, ces chiffres collent aux prévisions des analystes, notamment celles d’Oddo BHF.

La Bourse garde son sang-froid

À Paris, l’action Stellantis ne recule que de 1,3 % le jour J – une réaction presque timide au regard du naufrage financier annoncé. Les marchés avaient déjà digéré le pire depuis avril, quand la direction avait prévenu que 2025 serait une année de galère, avec les tarifs douaniers en épouvantail.

Le groupe reste muet sur ses prévisions chiffrées pour l’ensemble de l’année, pariant tout sur le deuxième semestre pour redresser la barre. Au programme : des lancements de nouveaux modèles, particulièrement dans le segment C européen et avec les nouveautés Jeep. L’objectif ? Reconquérir des parts de marché, relancer les volumes et optimiser l’utilisation des capacités industrielles pour retrouver enfin un flux de trésorerie positif.

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Chez Oddo BHF, on reste dans l’expectative. Les analystes soulignent qu’une publication décevante était dans l’air du temps, entre la chute des volumes et les bouleversements à la direction – synonymes de nouvelles provisions et restructurations. Leur recommandation demeure neutre, avec un objectif de cours planché à 9 euros.

Le chemin du retour s’annonce semé d’embûches

Le bureau d’études justifie sa prudence par une dynamique bénéficiaire anémique à court terme. Le redressement de Stellantis s’annonce marathon : peu de lancements majeurs attendus outre-Atlantique avant fin 2026, un contexte tarifaire hostile et une conjoncture européenne morose, surtout sur les créneaux des véhicules utilitaires légers et électriques.

Depuis janvier, le titre a plongé de 37,4 % et affiche même un recul de 57,4 % sur douze mois. Par rapport aux sommets de mars 2024, la dégringolade atteint 70 % – de quoi donner le vertige aux actionnaires les plus aguerris.

Antonio Filosa, le nouveau PDG nommé fin juin, hérite donc d’un chantier titanesque : reconquérir la confiance d’un marché durablement échaudé. Premier test grandeur nature le 29 juillet, avec la publication des comptes semestriels définitifs.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.

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