La société de biotechnologie Abivax connaît une année 2025 éblouissante en Bourse. Spécialisée dans les maladies inflammatoires chroniques, elle fascine désormais les mastodontes pharmaceutiques mondiaux, alimentant les rumeurs d’un possible rachat.
Des montagnes russes boursières aux performances éblouissantes
L’action Abivax a terminé en hausse de 1,4 % le 11 décembre, se ressaisissant d’un plongeon temporaire de 7,3 % observé en cours de séance. La veille ? Un bond fulgurant de presque 20 %, dopé par des volumes d’échanges particulièrement nourris. Ces soubresauts s’expliquent par les bruits de couloir concernant un éventuel intérêt d’Eli Lilly, numéro un mondial de la pharmacie en termes de valorisation boursière.
Présente sur les places financières de Paris et New York, Abivax affiche depuis le début de l’année une croissance vertigineuse frôlant les 1 500 %. Sa capitalisation boursière atteint désormais les 9 milliards d’euros environ, la hissant au niveau de mastodontes du CAC 40 comme Alstom ou Eiffage.
Le 23 juillet reste gravé dans les mémoires des investisseurs : la biotech avait décollé de plus de 500 % en une seule journée. Cette envolée spectaculaire ? Elle faisait suite à la publication de données encourageantes d’un essai clinique de phase III. Ces résultats testaient l’obefazimod, son traitement phare contre la rectocolite hémorragique, une maladie inflammatoire de l’intestin particulièrement invalidante qui frappe plus de deux millions de personnes entre l’Europe et les États-Unis.
Une molécule qui fait saliver les géants du secteur
Les données probantes d’obefazimod ont consolidé les perspectives de commercialisation, permettant à Abivax d’intégrer le SBF 120 en septembre, le second indice de référence de la place parisienne.
D’après une analyse diffusée par AllInvest Securities le 11 décembre, cette molécule détient un avantage de taille face aux traitements existants contre les maladies inflammatoires chroniques : elle se prend par voie orale, bien plus pratique que les injections. Mieux encore, son efficacité a été prouvée aussi bien chez des patients vierges de tout traitement que chez ceux lourdement prétraités.
L’étude met l’accent sur un profil de sécurité avantageux par rapport aux inhibiteurs de Janus kinase (JAKi), référence actuelle dans ces pathologies. Cette différenciation majeure attire l’œil des grands laboratoires positionnés sur ce créneau.
Côté prétendants à un rachat, le cabinet de conseil évoque plusieurs noms : l’allemand Merck, qui muscle sa présence en immunologie, le suisse Roche, très présent dans les maladies auto-immunes et en quête de traitements oraux innovants, ou encore l’américain Pfizer, qui veut diversifier son catalogue après des passages à vide récents.
Le rapport cite aussi Eli Lilly, armé financièrement et soucieux d’élargir son horizon au-delà des troubles métaboliques, sans oublier AstraZeneca, dont la stratégie actuelle mise sur le renforcement dans les maladies inflammatoires via des innovations disruptives.
Un terrain propice aux rumeurs et aux spéculations
AllInvest Securities considère que la combinaison d’un actif potentiellement « best-in-class » pour la rectocolite hémorragique, d’un agenda dense en jalons cliniques et réglementaires, plus la présence d’options inhabituelles, nourrit les mouvements spéculatifs autour d’Abivax.
Pour l’heure, aucune discussion officielle n’a été confirmée. Le marché anticipe déjà un scénario où Abivax figurerait dans le collimateur d’un laboratoire géant désireux de mettre la main sur une molécule orale différenciatrice dans l’univers des maladies inflammatoires gastro-intestinales (IBD).

