La société alsacienne Biosynex, qui s’était imposée sur le marché des tests de diagnostic rapide, vient d’annoncer qu’elle sollicite une procédure de sauvegarde pour surmonter ses difficultés financières. L’annonce a provoqué un véritable séisme à la Bourse de Paris, où l’action s’effrite dramatiquement. Sa filiale Avalun, quant à elle, a déclaré sa cessation de paiements.
Un plan de restructuration qui tourne court
Début 2025, Biosynex était parvenue à négocier un accord avec ses créanciers pour rééchelonner ses dettes. L’entreprise s’engageait alors à consolider ses fonds propres et à mener une réorganisation capitalistique d’envergure. Cette stratégie incluait la vente potentielle de tout ou partie de ses activités nord-américaines, mais aussi la création d’une filiale dédiée à son pôle « pharma ». L’argent récolté devait servir en priorité à éponger ses dettes financières par anticipation.
Malheureusement, ce scénario n’a jamais vu le jour. Aux États-Unis, le climat économique s’est dégradé, tandis que la France traverse une période d’incertitudes politiques et économiques. Ces turbulences ont directement impacté les performances : le chiffre d’affaires du premier semestre 2025 a atteint 50,8 millions d’euros, marquant un recul de 6 % sur un an.
Devant l’impossibilité de respecter ses échéances de remboursement prévues en 2026, Biosynex a frappé à la porte du Tribunal judiciaire de Strasbourg pour obtenir l’ouverture d’une procédure de sauvegarde. L’objectif ? Maximiser ses chances de restructurer ses dettes, notamment son passif bancaire qui s’élève à 59,6 millions d’euros.
L’entreprise installée à Illkirch-Graffenstaden présente cette démarche comme un passage obligé vers une nouvelle phase de développement. Malgré les écueils actuels, Biosynex se dit confiante dans ses perspectives d’avenir.
Avalun sombre à son tour
Parallèlement, sa filiale Avalun, rachetée en avril 2021, a déposé une déclaration de cessation de paiement devant le tribunal strasbourgeois. Cette entité a essuyé plusieurs revers majeurs, à commencer par l’abandon en 2023 de l’expérimentation « Di@pason » financée par la CNAM, qui constituait pourtant le socle de sa stratégie commerciale. La concurrence féroce des produits chinois sur le marché de l’hémostase d’urgence n’a rien arrangé.
Malgré le lancement du test Tsmart FIB Batrox en 2024, l’absence de repreneurs et les lourds investissements requis dans cet univers ultra-concurrentiel ont eu raison de la filiale. Cette débâcle va peser lourd dans les comptes de Biosynex : un amortissement exceptionnel des actifs incorporels d’Avalun est à prévoir, sans compter qu’une créance de 3,4 millions d’euros risque fort de ne jamais être récupérée.
Le sort d’Avalun et la demande de sauvegarde de Biosynex seront examinés lors d’une audience fixée au 29 septembre 2025.
Le titre s’évapore en Bourse
À l’annonce de ces nouvelles, l’action Biosynex a littéralement plongé, perdant 48 % pour s’établir à 0,626 euro. Durant la séance, elle avait même abandonné plus de 56 % et touché son plancher historique à 0,524 euro. Depuis son introduction en Bourse en 2011 au prix de 7,60 euros, la valeur s’est quasi-totalement évaporée. Le contraste est saisissant avec son apogée de 2021, où elle dépassait les 25 euros, portée par l’explosion de la demande liée à la pandémie de Covid-19.
Ce naufrage boursier témoigne des épreuves traversées par un groupe qui fut un temps champion des tests Covid ultra-rapides, aujourd’hui rattrapé par un environnement économique hostile et des défis structurels majeurs.

