L’argent ne fait pas le bonheur, dit-on. Certes. Mais il permet de payer le loyer, de partir en vacances, d’acheter un bon pain au chocolat sans culpabiliser… et franchement, ça aide un peu quand même. Alors, existe-t-il un salaire idéal pour se sentir bien dans ses baskets en 2025 ? Des chercheurs se sont penchés sérieusement sur la question.
Ce que la science dit du lien entre revenus et bonheur
Depuis plusieurs années, les économistes s’intéressent à ce curieux point de bascule où plus d’argent ne rime plus avec plus de bonheur. L’Université de Purdue avait déjà semé le doute en évoquant un seuil autour de 60 000 € par an : au-delà, les tracas financiers ne diminuent plus, et peuvent même s’ajouter au stress, à l’isolement ou à la pression sociale.
De son côté, l’Université de San Diego avait constaté que le bien-être augmente proportionnellement avec le salaire, mais seulement jusqu’à un plafond situé autour de 75 000 $ (environ 70 000 €), au-delà duquel les courbes se stabilisent. En clair, une fois les besoins essentiels couverts – logement, santé, alimentation, un peu de loisirs – l’impact de l’argent s’essouffle.
Cela dit, tout est relatif : 65 000 € n’ont pas la même valeur à Oslo, à Athènes ou à New York. C’est là qu’intervient une étude plus ciblée, menée par Raisin UK, qui a tenté de donner une réponse adaptée à notre époque et à notre géographie.
Le seuil du bonheur : ce que révèlent les pays les plus heureux
Pour affiner la recherche, les analystes se sont concentrés sur les 20 pays considérés comme les plus heureux du monde selon le World Happiness Report. Au menu : Finlande, Danemark, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, mais aussi France, Italie et Royaume-Uni.
En croisant les niveaux de satisfaction générale avec les salaires moyens, ils sont arrivés à une conclusion assez claire : dans ces pays, le revenu moyen qui coïncide avec un niveau de bonheur élevé tourne autour de 70 000 € par an. Ni trop peu pour manquer, ni trop pour que cela devienne un fardeau.
Et cela se vérifie dans la pratique : c’est souvent à ce niveau de revenu que les gens déclarent se sentir plus libres dans leurs choix, moins anxieux face aux imprévus, et plus enclins à se projeter sur le long terme.
Un objectif réaliste ou un doux rêve ?
On ne va pas se mentir, ce « salaire du bonheur » n’est pas accessible à tout le monde, et il reste au-dessus du revenu médian en France (environ 24 000 € net/an selon l’Insee). Mais il peut servir de repère utile, un cap à viser, ou au moins un point d’équilibre à rechercher dans son mode de vie.
Car le vrai luxe, ce n’est peut-être pas tant le montant sur la fiche de paie que la possibilité de vivre confortablement sans pression permanente. Avoir le temps de souffler, d’aller chercher ses enfants à l’école, de dîner sans regarder l’heure.
Alors, la prochaine fois qu’on vous demande vos prétentions salariales, pourquoi ne pas glisser un petit « j’aimerais atteindre ce seuil qui, selon les recherches, maximise le bien-être » ? Après tout, vous ne faites que suivre la science. Et qui sait, ça pourrait bien faire mouche.

