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Elior retrouve les bénéfices pour la première fois depuis 2019, annonce la reprise du dividende et voit son action s’envoler en Bourse

julien
écrit par Julien

novembre 21, 2025

Le groupe de restauration collective Elior vient de publier des résultats annuels encourageants pour l’exercice 2024-2025. Un retour aux bénéfices qui marque la fin d’une période particulièrement délicate. La société confirme également la reprise du versement d’un dividende, nouvelle qui a immédiatement séduit les investisseurs.

Une période trouble avant un redressement progressif

Depuis février 2020 et l’explosion de la crise sanitaire, l’action Elior a plongé de près de 75 %. Le groupe a subi de plein fouet les conséquences de la pandémie, aggravées par la flambée des coûts : matières premières, énergie, salaires… Tout s’est emballé. Sa forte exposition au secteur public – où répercuter l’inflation dans les contrats relève souvent du parcours du combattant – l’a handicapé face à des concurrents comme Sodexo ou Compass, plus agiles sur ce terrain.

L’arrivée de Daniel Derichebourg aux commandes en 2023 a marqué un tournant. Le nouveau président-directeur général a placé la rentabilité au cœur de sa stratégie. L’intégration en avril 2023 de DMS, la branche multiservices (nettoyage, désinfection) du groupe Derichebourg, a dopé l’efficacité opérationnelle. Contrepartie logique : Derichebourg contrôle maintenant près de 48 % du capital d’Elior.

Résultats financiers : un retour aux bénéfices notable

Les chiffres de l’exercice clos fin septembre 2025 racontent une histoire de redressement. Elior affiche un chiffre d’affaires de 6,15 milliards d’euros, progression de 1,6 % sur un an. La croissance organique ressort à 1,3 %, combinaison d’un effet-prix favorable de 2,4 % et d’un recul de 1,8 % lié aux sorties volontaires de contrats jugés peu rentables. Seul bémol : ce niveau reste légèrement en deçà des 6,19 milliards anticipés par les analystes.

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Le taux de rétention clients a légèrement fléchi, glissant de 91,2 % à fin septembre 2024 vers 90,6 % un an plus tard. Les résiliations du second semestre expliquent ce tassement.

Côté opérationnel, l’Ebita retraité bondit de 21 % et atteint 202 millions d’euros. La marge opérationnelle gagne 0,5 point et s’établit à 3,3 %, touchant tout juste le seuil bas des prévisions. Cette performance reste néanmoins un cran sous les attentes consensuelles (215 millions d’euros et 3,4 %).

Selon TP ICAP Midcap, cette amélioration notable de la profitabilité témoigne des synergies renforcées, particulièrement en France et en Italie. L’effet-prix a dépassé l’inflation tandis que le développement commercial net demeure positif. Le redressement de la restauration collective se révèle particulièrement réussi : sa marge progresse d’un point pour atteindre 4 %.

Mais la vraie surprise vient du bénéfice net. Le groupe renoue avec les profits grâce à un résultat net part du groupe de 88 millions d’euros, loin des 41 millions de perte de l’exercice précédent et des 44 millions escomptés par le consensus. L’activation de déficits fiscaux reportables, à hauteur de 39 millions d’euros, a soutenu cette belle performance.

Didier Grandpré, le directeur financier, qualifie ce succès de « signal fort ». Il y voit la validation du modèle économique et des orientations stratégiques adoptées ces dernières années.

Autre indicateur rassurant : le ratio d’endettement net rapporté à l’Ebitda s’établit à 3,3, bien loin du plafond contractuel de 4,5.

Des prévisions 2025-2026 jugées prudentes

Elior remet les dividendes au goût du jour avec 0,04 euro par action, versement programmé mi-février 2026. Cette distribution matérialise la solidité financière retrouvée et l’ambition de créer de la valeur pour les actionnaires. Le montant cadre avec les anticipations des analystes, qui y décèlent un gage de confiance d’autant plus fort qu’il arrive un an plus tôt que prévu.

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Le groupe a également généré un free cash-flow de 228 millions d’euros, conforme aux attentes grâce notamment à une meilleure maîtrise du besoin en fonds de roulement.

Pour l’exercice en cours, Elior mise sur une croissance organique du chiffre d’affaires de 3 % à 4 % et une marge d’Ebita ajustée comprise entre 3,5 % et 3,7 %. Cela représenterait une progression de 0,2 à 0,4 point face à l’année précédente. L’objectif : ramener le levier d’endettement à 3.

Pourtant, ces objectifs 2026 laissent les analystes sur leur faim. Oddo BHF reconnaît l’amélioration de la croissance organique mais pointe une rentabilité attendue toujours inférieure à celle des grands rivaux. De quoi tempérer l’attractivité globale du titre.

Une réaction boursière positive et volatile

À Paris, l’action Elior s’emballe et gagne plus de 20 % en début de séance avant de se stabiliser autour de +7 % vers 17 heures. La faible liquidité du titre amplifie sa volatilité naturelle, particulièrement sensible aux annonces de résultats.

Cette dynamique traduit la confiance retrouvée des investisseurs envers la capacité du groupe à redresser la barre. Reste que la prudence prédomine quant aux performances futures.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.