Et si, au lieu de planter des géraniums sur votre balcon, vous passiez votre retraite sur les ponts d’un paquebot ? C’est le choix un peu fou — ou inspirant, c’est selon vos envies d’eau salée — qu’a fait Mario Salcedo, Américain septuagénaire, il y a plus de vingt-trois ans. Portrait d’un homme qui navigue en dehors des sentiers battus… et ne regrette rien.
Quitter la finance pour larguer les amarres
Imaginez : vous avez empilé les miles aériens et collectionné les nuits d’hôtel aux quatre coins du globe pour le travail, sans vraiment savourer la beauté du monde. C’était le quotidien de Mario Salcedo, directeur financier pour une multinationale, plus souvent sur la route qu’à son domicile de Miami. Mais voilà, au bout de près de vingt-et-un ans à courir la planète, la lassitude le gagne. Il décide donc de tourner la page à seulement 47 ans, et d’ouvrir un nouveau chapitre, loin du tumulte des salles de réunion — et du béton.
En 1997, il embarque pour sa toute première croisière. Certains y auraient vu un simple voyage, un joli break. Pour Mario, c’est la révélation. Comme le rapporte un documentaire du journaliste Lance Oppenheim, il trouve enfin le moyen de réaliser son rêve : découvrir le monde… sans jamais « quitter son domicile ».
Vivre pour la mer, et non pour les vacances
Depuis ce jour, l’ancien financier a élu domicile sur les paquebots de la Royal Caribbean. Oui, littéralement. « Les gens viennent ici pour passer des vacances. Pas moi, je suis ici pour vivre ma vie », résume-t-il en toute simplicité et, disons-le, avec un brin de fierté dans le journal Chicago Today. Pour lui, ce choix de vie hors-norme est une véritable délivrance.
Hormis la période de restrictions due à la pandémie de Covid-19 (et qui a du le faire presque regretter ses vieux flatulences dans les salles de réunion !), Mario n’a pratiquement pas remis le pied à terre depuis plus de vingt-trois ans. Il a tout troqué : la routine du terrien contre celle, infiniment plus douce à ses yeux, du croisiériste à plein temps.
Les petits plaisirs de la grande croisière
Qu’est-ce qui rend donc cette existence si attrayante ? Mario ne manque pas d’arguments :
- Pas d’hypothèque à assumer
- Pas de poubelles à sortir
- Aucun ménage à faire
Ces détails anodins du quotidien, il les a volontairement laissés à quai. À la place, ses journées s’écoulent en douceur : « se promener sur le pont des paquebots, profiter du spectacle marin et se détendre en faisant ce qui lui plaît ».
Pas question non plus de s’isoler façon Robinson. Mario suit l’actualité, grâce à la télévision ou à internet depuis sa cabine. Et pour ceux qui pensaient qu’il finirait par se lasser loin de ses proches… il se plaît à rappeler qu’il s’est fait « de nouveaux amis » aux quatre coins de la planète. L’homme le plus heureux du monde ? Il y croit, et se le dit !
Le prix d’une vie hors du commun
Mais vivre sur l’eau, c’est aussi assumer un certain coût. Se la couler douce en croisière permanente, ça se mérite (et ça se finance). Mario, affectueusement surnommé « Super Mario » par l’équipage, sait bien que pour continuer son existence de rêve, il faut parfois remettre la cravate… au moins virtuellement.
De temps à autre, il reprend la casquette de financier depuis sa cabine, gérant à distance les portefeuilles de quelques clients privés. On peut quitter le bureau, mais pas toujours sa nature ! Ce petit coup de pouce lui permet de maintenir le cap et d’éviter la terre ferme — car pour lui, la vie sur la terre, c’est bel et bien fini.
En somme, Mario Salcedo vit la retraite dont beaucoup rêveraient, sans jamais revenir sur son choix. Faut-il un grain de folie, ou juste de l’audace et une bonne dose de calcul pour embrasser ainsi l’inconnu ? À vous de voir… mais attention, le mal de mer n’est pas compris dans le billet !

