Depuis qu’il a pris le contrôle de Twitter, Elon Musk multiplie les annonces spectaculaires. La dernière en date ? Un ultimatum lancé à ses équipes : se donner corps et âme pour l’entreprise… ou quitter le navire avec une indemnité.
Un choix radical imposé aux salariés
Dans un mail interne adressé aux employés, le patron de Tesla et de SpaceX a fixé un délai clair : chaque salarié devait, avant le jeudi 17 novembre à 17h (heure de New York), cocher une case “oui” pour signifier son adhésion à sa vision de “Twitter 2.0”. Faute de quoi, ils seraient licenciés, avec une compensation équivalente à trois mois de salaire.
« Cela signifie travailler de longues heures, à haute intensité », a écrit Musk. Et de préciser qu’à ses yeux, seule une performance exceptionnelle mérite d’être tolérée. Une méthode qui choque jusque dans un pays comme les États-Unis, où le droit du travail est pourtant beaucoup moins protecteur qu’en Europe.
Des licenciements en cascade
Dès son arrivée fin octobre, Musk avait frappé fort : limogeage de la majorité des hauts responsables, puis licenciement de près de la moitié des 7 500 employés. Pour évaluer les survivants, il n’a pas hésité à faire appel à des ingénieurs venus de Tesla, l’un de ses autres fleurons.
Résultat : une entreprise fragilisée, une organisation chamboulée, et des critiques internes qui se paient au prix fort. Plusieurs ingénieurs ont été renvoyés après avoir osé critiquer ou simplement questionner Musk, que ce soit en interne ou sur Twitter. Fidèle à son style provocateur, il a ensuite ironisé : « Mes excuses pour avoir viré ces génies. Leur talent servira ailleurs. »
Here’s the text of the email Musk sent to Twitter staff overnight.
— Donie O'Sullivan (@donie) November 16, 2022
Those who don’t commit to being “extremely hardcore” by 5pm ET today must leave the company. ‼️
Story: https://t.co/expt0d63dH pic.twitter.com/C8VDjRBvk1
Twitter en pleine tempête
Au-delà de la gestion des équipes, c’est tout le modèle économique de la plateforme qui vacille. De grands annonceurs, inquiets de la tournure des événements, ont suspendu leurs campagnes publicitaires. Or, la publicité représente la principale source de revenus de Twitter. Musk lui-même a reconnu que l’entreprise risquait la faillite si elle ne trouvait pas rapidement de nouveaux leviers financiers.
Lors d’une audience judiciaire concernant sa rémunération chez Tesla, il a assuré que les cadres mobilisés pour Twitter l’étaient sur la base du volontariat. Il a aussi laissé entendre qu’une fois la “restructuration fondamentale” achevée, il déléguerait la direction du réseau social à une autre personne.
Un patron qui divise
Sur les marchés financiers, l’attitude de Musk inquiète. “Tout ce cirque chez Twitter doit cesser… Cela nuit à l’image de Tesla”, a commenté Dan Ives, analyste chez Wedbush. Entre menaces, décisions abruptes et déclarations ironiques, le milliardaire entretient un climat aussi imprévisible qu’instable.
Reste une certitude : à force de multiplier les coups d’éclat, Musk impose sa vision autoritaire d’un Twitter sous haute intensité, quitte à sacrifier une partie de ses effectifs. Mais la question demeure : cette stratégie sauvera-t-elle l’entreprise ou précipitera-t-elle sa chute ?

