Ce jeudi 6 janvier, l’émission Envoyé spécial consacrait un reportage à une catégorie de la population souvent oubliée des débats publics : les classes moyennes. Intitulé “Classes moyennes : la colère des sans-aides”, le documentaire a suivi le quotidien de deux couples confrontés à la baisse de leur pouvoir d’achat depuis la crise du Covid-19. Mais à peine diffusé, il a déclenché un flot de réactions contrastées sur les réseaux sociaux.
Quand “trop riche pour les aides” rime avec “pas assez pour vivre confortablement”
Laetitia et Nicolas, un couple de la région parisienne, incarnent cette zone grise où se trouvent de nombreux ménages : leurs revenus dépassent le seuil d’accès à la plupart des aides sociales, mais restent insuffisants pour faire face sereinement à l’inflation.
Fonctionnaire pour elle et employé de La Poste pour lui, ils cumulent environ 3 800 euros par mois. Entre une cantine scolaire devenue plus chère, des frais imprévus et le coût du quotidien, ils jonglent désormais entre hard discount et revente d’objets sur Vinted. “Si ça continue, il n’y aura plus de classe moyenne. On aura d’un côté les revenus modestes, de l’autre les aisés”, prévient Laetitia, inquiète de voir disparaître ce qu’elle considère comme l’équilibre social du pays.
À Strasbourg, un autre couple témoigne
Le reportage suit également Jamila et Khaled, installés en Alsace. Pour Jamila, employée dans un centre social culturel, la perte de pouvoir d’achat se chiffre à près de 250 euros par mois. Entre carburant, alimentation et frais divers, la famille doit revoir ses projets à la baisse, y compris celui de construire une maison.
Très attachée à l’éducation et aux loisirs de ses enfants, Jamila refuse pourtant certains sacrifices : “Je veux que mes enfants continuent d’avoir accès à la culture et aux activités, même si ça implique de couper ailleurs.” Un choix que certains téléspectateurs ont critiqué, soulignant par exemple le maintien d’une voiture haut de gamme dans le foyer.
Un débat enflammé sur les réseaux sociaux
#EnvoyeSpecial c'est quoi le sujet? des fins de mois difficiles on passe à des clips de famille
— Nael (@Nael2409) January 6, 2022
On est d’accord ce sont des comédiens ces personnes ? On ne vit dans le même monde. Un sketch. #EnvoyeSpecial
— Florent Fasquel (@florentfasquel) January 6, 2022
C'est bon je zappe…
— Julie Menin (@GribouilleTop) January 6, 2022
Même avec 4000€ chacun ils seraient capables de tout flamber et de revenir se plaindre.#EnvoyeSpecial
Demain au taff je retournerai m'occuper de gens bien moins payés mais qui gèrent 100* mieux leur budget rien que pour payer leur loyer.
Rassurez moi c'est une parodie ? #EnvoyeSpecial
— Alli son (@alli_tom_okn) January 6, 2022
#EnvoyeSpecial Ce reportage est une honte. Non mais vraiment, vous êtes sérieuse Élise Lucet ? Je consume donc je suis. Je ne consomme pas assez donc je suis dans la misère ?
— Chris Verry (@ChrisVerry2) January 6, 2022
La diffusion a immédiatement enflammé Twitter et Facebook. Certains spectateurs ont exprimé leur empathie : “On sent leur frustration, ils se serrent la ceinture, mais n’ont droit à rien.” D’autres, au contraire, ont jugé le reportage mal ciblé : “Des gens avec 3 800 euros qui se plaignent ? Qu’ils me donnent leur salaire, je vais bien gérer, moi !” pouvait-on lire parmi les réactions les plus partagées.
Au fond, le reportage soulève une question récurrente : où commence réellement la classe moyenne aujourd’hui ? Si l’INSEE la définit par un revenu médian, l’expérience vécue varie selon le lieu de vie, le nombre d’enfants et le mode de consommation.

