Et si abuser d’anglicismes au travail était la clé pour gagner en crédibilité ?

julien
écrit par Thomas

décembre 18, 2025

Vous avez déjà assisté à une réunion où les termes « flexer », « ASAP » et « FYI » fusent plus vite que les stylos ne se vident ? Bienvenue au royaume du paradoxe linguistique : celui du bureau, où l’anglicisme règne en maître – et où, croyez-le ou non, il pourrait être synonyme de crédibilité.

Le monde de l’entreprise : terrain miné pour la langue française ?

Le monde professionnel, c’est un peu le festival de la pirouette langagière… mais pas toujours du meilleur goût. Ici, la langue française est, disons-le, « malmenée ». Et à part peut-être sur le smartphone d’un adolescent (mais c’est une autre histoire), difficile de trouver un lieu plus propice à l’incursion sauvage des anglicismes et autres « buzzwords ». Qui ne s’est jamais étonné en lisant « ASAP, FYI » dans un mail urgent, ou entendu « Et si les managers réapprenaient à écrire correctement ? » – clin d’œil à un titre de L’Express qui désigne les managers… alors que tout le monde, ou presque, est embarqué dans le même panier !

Chacun tente parfois de faire un « effort », mais personne ou presque n’ose lever la main pour jurer fidélité à la langue de Molière, la vraie, celle « sans queue ni tête » des buzzwords à la mode. L’exemple le plus frappant du moment : la folie du « flex ». Aujourd’hui, tout se « flexe », comprenez qu’on adapte, qu’on assouplit, qu’on module (ou qu’on ne sait plus trop quoi faire, mais le mot impressionne !).

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Anglicisme : faute ou nécessité pour briller ?

Soyons lucides : dans notre environnement mondialisé, bannir totalement les anglicismes relève quasiment de la mission impossible. Pire : ce serait contreproductif. Les « ASAP » et autres « business meetings » se sont incrustés dans notre quotidien comme les agrafes dans la moquette des open-spaces. En fait, il y a là un paradoxe aussi savoureux qu’un croissant chaud un lundi matin : plus vous jargonnez style américain, plus on vous regarde avec des yeux pleins d’admiration !

Le journal Les Échos s’interroge d’ailleurs : « Utiliser des anglicismes vous rend-il vraiment plus professionnel ? » Pour le vérifier, il suffit d’observer ces vidéos LinkedIn ou YouTube où des personnalités inspirantes racontent leur « success story » avec un festival de mots anglais à faire pâlir d’envie un dictionnaire. L’auteur va jusqu’à théoriser ce phénomène : la fameuse théorie du schmilblick. Plus votre discours est sibyllin, bourré de termes techniques, plus vous embobinez votre auditoire, plus… on vous admire. Cherchez l’erreur.

Peut-on sauver la langue française sans renoncer à la modernité ?

La question mérite d’être posée : comment relever la langue de Voltaire dans cet océan de « business-speak » ? Petit éclair de patriotisme : pourquoi ne pas, ici ou là, glisser dans vos mails, réunions ou discussions des mots français savants, des expressions tombées en désuétude, des locutions latines, voire des tournures élégantes ? À l’image de notre président Emmanuel Macron qui n’hésite pas, sur un air de poudre de perlimpinpin, à sortir la référence qui fait mouche.

  • Glissez dans vos propos un mot rare ou oublié : succès garanti (ou au moins surprise polie).
  • Épicez vos échanges avec une « pirouette langagière » inattendue.
  • Testez la citation d’un vieux dicton ou d’une maxime latine (utilisée à bon escient, tout de même).
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Par ce jeu subtil, un peu d’originalité revient dans le langage professionnel, et parfois, c’est tout un mot qui se refait une santé tendance !

À chacun son défi linguistique… Alors, challenge accepted ?

Pourquoi ne pas établir une petite liste de tics de langage « sains », savamment choisis, à intégrer dans votre quotidien au bureau ? L’idée, c’est d’injecter une dose de français vivant dans le flot permanent d’anglicismes, sans virer ayatollah linguistique. Un équilibre, en somme.

Qui sait ? Peut-être que, grâce à ces initiatives aussi discrètes qu’efficaces, certains vocables endormis feront leur grand retour sur le devant de la scène… Et si demain on se mettait à « flexer » des mots français oubliés ? Cocorico et… rendez-vous au prochain « call » !

julien

Esprit analytique et stratège hors pair, Thomas est l’architecte des convictions profondes de Minoritaires.com. Passionné de marchés financiers, d’analyse fondamentale et de stratégies long terme, il apporte une vision lucide et structurée dans chaque prise de position.Derrière son calme apparent se cache une rigueur redoutable et une curiosité insatiable, toujours au service de l’investisseur indépendant. Avec Thomas, la réflexion prend le pas sur l’émotion pour mieux anticiper et comprendre les mouvements de fond.