Ford a créé la surprise en annonçant un revirement majeur de sa stratégie automobile. Le constructeur de Dearborn privilégie désormais les motorisations hybrides et thermiques plutôt que les modèles entièrement électriques. Un changement de cap qui fait les affaires d’Opmobility, l’équipementier français reconnu comme un spécialiste incontournable des composants pour moteurs à combustion.
Ford freine brutalement sur l’électrique
L’annonce est tombée lundi soir : Ford réduit drastiquement le développement de ses véhicules 100 % électriques pour se recentrer sur les hybrides et les thermiques. Jim Farley, le patron du groupe, l’a confié au Wall Street Journal : les gros véhicules électriques ne génèrent pas de profits, ce qui pousse l’entreprise à revoir ses priorités d’investissement.
Le coût de cette réorientation ? Une dépréciation de 19,5 milliards de dollars qui viendra plombuer les résultats du dernier trimestre 2025. L’impact sur la trésorerie, lui, s’élèvera à 5,5 milliards de dollars, répartis sur deux exercices. Ce recul dans l’électrification avait commencé dès août 2024, mais l’arrivée de l’administration Trump a accéléré le mouvement. L’assouplissement des normes d’émissions CO2 réduit les sanctions financières qui pesaient sur les constructeurs en cas de dépassement des seuils autorisés.
L’électrique américain dans la tourmente
La suppression des crédits d’impôt de 7 500 dollars pour l’achat de véhicules électriques a porté un coup supplémentaire au secteur. Résultat : en novembre, les ventes d’électriques ont plongé de 41 % outre-Atlantique, d’après les données de Cox Automotive relayées par Reuters. Cette dégringolade pénalise l’écosystème électrique mais relance mécaniquement la demande pour les composants destinés aux moteurs hybrides et traditionnels.
Opmobility, roi des réservoirs à carburant
Ce retournement de situation arrange parfaitement Opmobility (ex-Plastic Omnium), leader mondial dans la fabrication de réservoirs à essence. Le groupe tricolore s’appuie sur une présence solide aux États-Unis – son marché principal – avec 12 sites de production et 16 % de son chiffre d’affaires global. Objectif affiché : doubler cette part d’ici 2028.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon Citi, Opmobility contrôle près de 50 % du marché américain des réservoirs et détient 22 % des parts mondiales, avec l’ambition d’atteindre 30 % en 2030. Le document de référence 2024 du groupe confirme ses liens privilégiés avec les « Big Three » de Detroit (Ford, General Motors, Stellantis) : l’entreprise française fournit plus de la moitié des réservoirs destinés à ces mastodontes de l’automobile américaine.
D’autres équipementiers surfent sur la vague
Opmobility n’est pas le seul à tirer son épingle du jeu. L’allemand Schaeffler figure également parmi les bénéficiaires de cette tendance, selon Citi. Ses activités centrées sur les motorisations conventionnelles lui permettent de mieux résister au ralentissement de l’électrification. De même, le français Forvia capitalise sur ses technologies liées à la mobilité propre tout en maintenant des revenus consistants grâce aux moteurs thermiques.
Lisez : Vers quelles banques en ligne vraiment gratuites se tourner ?
Paradoxalement, ce qui ressemble à un recul pour la transition électrique se transforme en opportunité pour les spécialistes des technologies traditionnelles. Opmobility illustre parfaitement cette dynamique en consolidant sa position sur un marché qui demeure stratégique.

