Le CAC 40 a terminé dans le rouge ce mardi 16 décembre, affecté par la publication d’un rapport sur l’emploi aux États-Unis que les investisseurs ont eu du mal à digérer. Cette incertitude économique a pesé sur la séance parisienne.
L’indice parisien cède du terrain
L’indice phare de la place parisienne a abandonné 0,23 %, terminant à 8 115,20 points. Cette performance morose fait suite à une séance dominée par les chiffres mensuels de l’emploi outre-Atlantique, statistique qui concentre traditionnellement l’attention des marchés en cette période.
États-Unis : un marché du travail au ralenti
Ce rapport particulier regroupe les données d’octobre et novembre, deux mois dont les statistiques n’avaient pas pu être diffusées lors du précédent « shutdown » gouvernemental américain. Novembre affiche la création de 64 000 emplois, un résultat qui dépasse les prévisions. Mais le revers de la médaille ? Le taux de chômage grimpe à 4,6 %, atteignant son pic depuis quatre ans.
Octobre présente un tableau plus sombre avec 105 000 destructions d’emplois, sans calcul du taux de chômage disponible à cause de la paralysie administrative. Ces chiffres juxtaposés révèlent un marché du travail figé depuis l’ouverture des hostilités commerciales en avril, incapable d’intégrer les nouveaux arrivants.
Steve Sosnick d’Interactive Brokers résume bien l’embarras des investisseurs : « Ces chiffres ne sont ni catastrophiques, ni suffisamment inquiétants pour contraindre la Fed à intervenir dans l’urgence ».
Un bilan globalement préoccupant
Bastien Drut, responsable stratégie chez CPRAM, qualifie ce rapport de décevant sur tous les plans. Il rappelle une donnée frappante : le nombre de chômeurs s’est alourdi d’un million depuis janvier, remettant en question l’optimisme affiché par plusieurs membres du comité de politique monétaire américain (FOMC).
Franklin Templeton y voit une validation des récentes baisses de taux, sans que cela justifie pour autant un assouplissement monétaire plus agressif. Les prochains indicateurs d’inflation monopolisent maintenant l’attention, ces données étant cruciales pour orienter la stratégie en vue de 2025.
Secteurs défense et énergie malmenés par la géopolitique
Côté consommation, les ventes au détail américaines d’octobre ont stagné, manquant le léger rebond espéré. Sur le théâtre international, les négociations autour de l’Ukraine continuent d’agiter les cours.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est entretenu à Berlin avec des émissaires américains. Washington évoque des garanties sécuritaires renforcées pour Kiev, inspirées de l’article 5 de l’OTAN qui prévoit une riposte collective face à toute agression. L’Ukraine resterait néanmoins à l’écart de l’Alliance atlantique, concession stratégique destinée à rassurer Moscou.
Cette perspective de dégel a malmené les valeurs de défense : Thales recule de 1,6 % tandis que Dassault Aviation abandonne 1,3 %.
L’énergie a aussi trinqué face à cette détente potentielle et à l’hypothèse d’un allègement partiel des sanctions pétrolières russes. Le Brent s’effrite de 2,25 % à 59,20 dollars le baril, le WTI perdant 2,2 % à 55,42 dollars.
Au CAC 40, TotalEnergies lâche 1,8 %. Sur le SBF 120, Viridien dévisse de 6,6 %.
Quelques satisfactions dans la morosité
Malgré cette ambiance morose, quelques titres tirent leur épingle du jeu. OPMobility bondit de 2,9 %, profitant probablement du revirement de Ford sur sa stratégie électrique.
Sur le marché des changes, l’euro grappille quelques centimes face au billet vert, s’échangeant à 1,1769 dollar (+0,1 %).

