Le groupe français de spiritueux vient de dévoiler des comptes semestriels en forte dégradation, victimes d’un environnement difficile en Chine et outre-Atlantique. Pourtant, les investisseurs gardent espoir grâce aux perspectives de rebond évoquées par la nouvelle direction, propulsant le titre vers le haut.
Marchés stratégiques sous pression : la Chine et les États-Unis font défaut
Rémy Cointreau l’avait déjà laissé entendre fin octobre : le premier semestre 2025-2026 (avril-septembre) s’annonçait compliqué. Les faits lui donnent raison. En Chine, la consommation peine à repartir, tandis que les États-Unis accusent une reprise plus timide qu’espéré.
Face à cette réalité, la maison de cognac n’a eu d’autre choix que d’ajuster ses ambitions pour l’exercice se terminant en mars 2026.
Rentabilité opérationnelle en berne, mais légèrement au-dessus des craintes
Le résultat opérationnel courant (ROC) ressort à 108,7 millions d’euros sur six mois, marquant un repli de 26,2 % en données publiées et de 13,6 % à périmètre comparable. Paradoxalement, ces chiffres dépassent quelque peu les anticipations des analystes, qui prévoyaient une chute de 16 %, précise Oddo BHF.
La marge opérationnelle s’érode à 22,2 % du chiffre d’affaires, perdant 5,4 points en publié et 2,7 points en comparable sur un an.
Côté bénéfice net courant, la dégringolade atteint plus de 30 %, avec 63 millions d’euros au compteur. Malgré ce plongeon, le résultat reste légèrement supérieur aux prévisions grâce à une maîtrise un peu plus ferme des charges financières, même si l’amélioration demeure marginale.
Prévisions annuelles revues à la baisse mais maintenues
Pour l’exercice complet, Rémy Cointreau s’en tient à ses objectifs corrigés fin octobre : une progression organique des ventes entre 0 % et 4 %, loin de la fourchette initiale de 4 % à 6 %. Le groupe table désormais sur une contraction du résultat opérationnel courant de 11 % à 15 %, contre un recul initialement estimé entre 4 % et 6 %.
Le nouveau patron insuffle un vent d’optimisme
Alors que ces résultats auraient pu faire chuter l’action, celle-ci bondit de plus de 5 % en séance parisienne. Cette réaction positive tient largement au discours rassurant de Franck Marilly, qui a pris les rênes en juin dernier, succédant à Éric Vallat.
Le nouveau dirigeant a esquissé les contours d’un plan stratégique à venir, martelant sa détermination à renouer avec la croissance dès le second semestre, tout en reconnaissant les obstacles actuels.
Cinq axes stratégiques pour redresser la barre
Franck Marilly a dévoilé cinq priorités pour relancer la machine : valorisation de l’identité des marques, organisation repensée et stratégie centrée sur la création de valeur figurent au programme.
Sa méthode repose sur un double mouvement : orchestrer une transformation d’envergure tout en activant immédiatement des leviers opérationnels. Cela passe par des innovations alignées sur les nouvelles attentes des consommateurs et une politique tarifaire plus réactive, sans perdre de vue la stratégie premium du groupe.
L’avenir du secteur des spiritueux reste flou
Malgré ces annonces volontaristes, plusieurs analystes gardent leurs distances. Oddo BHF continue de recommander la neutralité avec un objectif de cours fixé à 46 euros, rappelant que l’univers des spiritueux navigue encore en eaux troubles.
Les choix stratégiques de Rémy Cointreau dans cette période d’incertitude mériteront une attention particulière dans les mois à venir.

