Donald Trump vient de porter un coup sévère à Tesla. Le président américain a laissé planer la menace d’une suppression des subventions accordées aux entreprises d’Elon Musk, déclenchant immédiatement une dégringolade du titre à Wall Street.
Wall Street sanctionne Tesla après les déclarations présidentielles
Dès l’ouverture des marchés new-yorkais, l’action du géant des véhicules électriques s’est effondrée. Une chute de 6 % dès les premiers échanges, avant de se stabiliser à une baisse de 4,4 % en matinée. Cette nouvelle déroute accentue la tendance baissière de Tesla qui affiche désormais un plongeon de 25 % depuis le début de l’année 2025.
Les menaces de Trump visent toutes les entreprises de Musk
Via Truth Social, son réseau social de prédilection, Donald Trump a mis le feu aux poudres. Il évoque ouvertement la possibilité de couper les robinets de l’aide publique pour Tesla, SpaceX et Starlink.
Le président ne mâche pas ses mots : selon lui, Elon Musk détient probablement le record historique en matière de subventions perçues. Plus provocateur encore, il suggère que sans ces aides, le milliardaire n’aurait d’autre choix que de plier bagage et regagner l’Afrique du Sud.
Trump va plus loin en affirmant qu’arrêter les lancements spatiaux, la fabrication de satellites et la production automobile électrique permettrait aux États-Unis d’économiser des sommes colossales. Il fait également référence au DOGE (Department of Government Efficiency), cet organisme informel dédié à la réduction des dépenses fédérales, que Musk dirigeait avant son départ fin mai.
Un pactole de 38 milliards de dollars d’aides publiques
Les chiffres donnent le vertige. Une investigation du Washington Post parue en février révélait que les sociétés de Musk ont engrangé au minimum 38 milliards de dollars de fonds publics américains ces deux dernières décennies. Entre subventions directes, contrats gouvernementaux, prêts bonifiés et crédits fiscaux, l’empire Musk s’est largement nourri à la mamelle étatique.
Le montant réel pourrait même dépasser cette estimation, certains contrats militaires demeurant classifiés. Tesla, de son côté, profite notamment du crédit d’impôt de 7 500 dollars accordé aux acheteurs de véhicules électriques.
La riposte cinglante de Musk
Cette sortie présidentielle fait suite aux récentes charges de Musk contre le projet de budget fédéral, qu’il accuse d’aggraver dangereusement l’endettement national. Le patron de Tesla avait pointé du doigt l’irresponsabilité financière des deux grands partis traditionnels, plaidant même pour l’émergence d’une formation politique alternative.
Face aux menaces de Trump, la réponse de Musk sur X (ex-Twitter) ne manque pas de panache : « Je dis littéralement ‘supprimez-les toutes’. Maintenant. »
Quand les tensions entre géants perturbent les marchés
Cette passe d’armes ranime les hostilités entre deux personnalités qui avaient déjà ferraillé autour du dossier budgétaire, Musk reconnaissant alors avoir « dépassé les bornes » dans ses attaques.
Dan Ives, analyste star de Wedbush réputé pour son optimisme technologique, qualifie cette guerre d’égos de « feuilleton permanent ». Pour lui, cette incertitude plane comme une épée de Damoclès sur le cours de Tesla.
Les marchés craignent désormais un durcissement du contrôle gouvernemental sur les activités de Musk, particulièrement sur les questions réglementaires entourant la conduite autonome – un enjeu capital pour l’avenir des robotaxis et cybercabs.
Tesla démarre ses robotaxis au cœur du Texas
Fin juin dernier, Tesla franchissait une étape symbolique en lançant à Austin ses premiers services de robotaxis. Une dizaine de véhicules autonomes circulent désormais dans la capitale texane, préfigurant un déploiement dans d’autres grandes agglomérations américaines avant la fin d’année.
L’objectif reste ambitieux : un lancement massif programmé pour 2026. Les projections d’UBS tablent sur un marché potentiel de plus de 200 milliards de dollars de revenus d’ici 2040. Musk martèle que ces technologies autonomes constituent le cœur de la valorisation actuelle de Tesla, qui frôle les 965 milliards de dollars de capitalisation.
La lune de miel Musk-Trump touche-t-elle à sa fin ?
Dan Ives exprime l’inquiétude grandissante des investisseurs face à une possible rupture définitive entre les deux hommes. Malgré tout, l’analyste garde espoir qu’une réconciliation reste envisageable.
Cette nouvelle crise survient à un moment délicat pour Tesla, qui s’apprête à dévoiler ses chiffres de livraisons trimestrielles. Le consensus Visible Alpha anticipe une chute significative, avec un recul des volumes estimé à 14 %.
