La société Rubis, spécialisée dans la distribution et le stockage de produits liquides énergétiques, a vu son action décoller ce lundi matin à la Bourse de Paris. Des rumeurs évoquent un intérêt potentiel du fonds d’investissement CVC et du négociant en pétrole suisse Trafigura.
Un rebond significatif en Bourse
Vers 10h40, le titre Rubis s’adjugeait près de 7 %, regagnant des couleurs grâce aux révélations d’un article Bloomberg publié vendredi dernier. Ce dernier mentionne plusieurs acteurs financiers qui lorgneraient sur un rachat de Rubis. D’après des sources proches du dossier citées par l’agence, le fonds CVC et Trafigura examinent chacun séparément cette possibilité, même si aucune décision ferme n’a été prise. Ces mêmes sources insistent sur le fait que le processus suit son cours, sans garantie qu’un accord aboutisse.
Sollicité, un représentant de Rubis est resté muet, tandis que CVC et Trafigura ont décliné tout commentaire.
Contexte actionnarial tendu et valorisation fragilisée
Ces spéculations surgissent alors que le cours de Rubis s’est effondré d’environ 50 % depuis son sommet historique à 57,836 euros en mai 2018. Cette dégringolade pourrait justifier l’émergence de manœuvres stratégiques autour d’une vente potentielle. Dès novembre 2024, des pistes d’opérations avaient d’ailleurs été évoquées.
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Bloomberg met également l’accent sur les pressions exercées par les principaux actionnaires, notamment l’entrepreneur français Patrick Molis, qui a consolidé sa participation au printemps dernier, et l’homme d’affaires canadien Ronald Sämann, détenteur de 6 % du capital. Ces investisseurs réclament une révision de la gouvernance, sujet épineux qui génère des frictions avec la direction. En mars 2025, lors de la présentation des comptes 2024, Rubis a annoncé des ajustements dans sa gouvernance, particulièrement liés à la succession de ses fondateurs, tout en maintenant son statut de commandite, considéré comme un rempart contre les prises de contrôle étrangères.
Autre source de discorde : les investissements dans l’énergie solaire. Ronald Sämann avait vertement critiqué en 2024 l’acquisition de Photosol, opération jugée onéreuse et peu profitable, réalisée en 2021. Cette transaction a creusé les divergences entre actionnaires et direction.
La reprise du titre depuis le début de l’année
Depuis janvier 2025, l’action Rubis a rebondi de plus de 30 %, soutenue par des résultats encourageants et l’appui de la famille Molis ainsi que de l’actionnaire activiste Vincent Bolloré. Le groupe a d’ailleurs confirmé le 9 septembre ses objectifs annuels, après avoir affiché une progression de 26 % de son résultat net au premier semestre.
Pour l’année 2025, Rubis table sur un résultat brut d’exploitation compris entre 710 et 760 millions d’euros, en considérant un impact stable de l’hyperinflation par rapport à 2024. Ce niveau marquerait une hausse d’environ 2 % par rapport à l’année précédente, sur la base d’un scénario médian de 735 millions d’euros.

