L’or poursuit sa trajectoire ascendante en 2025 avec des performances qui laissent loin derrière les grands indices boursiers. La banque suisse UBS rehausse ses prévisions pour le métal précieux et table désormais sur un cours de 3 700 dollars l’once à la mi-2026.
Une dynamique qui se maintient malgré quelques soubresauts
Même si le rythme s’est quelque peu tassé ces dernières semaines, l’or affiche tout de même une progression impressionnante de 28,2 % depuis janvier. Cette performance écrase littéralement celles des actions, des obligations, des devises du G10 et même du bitcoin. UBS le confirme dans une note récente : l’or trône à nouveau au sommet des actifs les plus performants en 2025.
L’once avait d’ailleurs établi de nouveaux records durant les quinze derniers jours, portée par des bruits de couloir concernant d’éventuelles surtaxes douanières américaines sur certains lingots. Ces rumeurs avaient semé l’inquiétude chez les opérateurs, qui craignaient de voir leurs coûts d’opération grimper sur la place new-yorkaise. Heureusement, l’administration américaine a rapidement fait machine arrière. Donald Trump lui-même a tenu à rassurer via Truth Social : ces taxes ne verront finalement pas le jour.
UBS revoit ses prévisions à la hausse
Rassurée par cette clarification, la banque helvétique a réajusté ses estimations. Elle maintient son cap à 3 500 dollars l’once pour décembre 2025, mais pousse le curseur à 3 600 dollars fin mars 2026 puis à 3 700 dollars fin juin 2026, là où elle visait auparavant 3 500 dollars. Actuellement, le métal jaune se négocie aux alentours de 3 382 dollars l’once.
Cette révision s’appuie sur plusieurs tendances de fond. D’abord, une inflation américaine qui reste tenace, les effets des droits de douane et des mesures migratoires restrictives n’ayant pas encore déployé toute leur force. Ensuite, une croissance outre-Atlantique en deçà des attentes pourrait pousser la Fed à desserrer l’étau monétaire avec des baisses de taux. Enfin, un dollar qui faiblit rendrait l’or plus séduisant.
Dédollarisation et tensions politiques alimentent la demande
Le métal précieux tire traditionnellement parti de taux bas : ne rapportant ni dividendes ni coupons, il devient plus attractif quand le coût d’opportunité de sa détention s’amenuise. De même, un dollar affaibli facilite les achats pour les investisseurs qui opèrent dans d’autres devises.
UBS pointe aussi vers plusieurs incertitudes structurelles qui devraient soutenir l’appétit pour l’or. Les mouvements de dédollarisation à l’échelle mondiale, les questionnements sur l’indépendance de la Fed, ou encore les préoccupations autour de la soutenabilité budgétaire américaine – particulièrement si la Cour suprême venait à censurer certains tarifs réciproques – constituent autant de facteurs de risque jusqu’en 2026.
Les élections de mi-mandat américaines programmées à l’automne 2026 ajoutent une couche supplémentaire d’incertitude. Elles devraient inciter davantage d’investisseurs à se tourner vers l’or, cette valeur refuge par excellence en temps de turbulences politiques.
Les chiffres du World Gold Council parlent d’eux-mêmes : les fonds indiciels adossés à l’or (ETF) ont enregistré leurs plus importants flux depuis 2010 sur les six premiers mois de 2025. UBS s’attend donc à ce que cette dynamique haussière se perpétue, portée par une demande institutionnelle robuste.
UBS positionne ainsi l’or comme un actif refuge inévitable dans un environnement économique et géopolitique parsemé d’embûches, prévoyant une appréciation substantielle du métal précieux d’ici la mi-2026.

