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Alstom : Après cinq ans de turbulences, l’action pourrait-elle retrouver des couleurs en 2026 ?

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écrit par Julien

décembre 15, 2025

Malgré une trajectoire boursière cahoteuse depuis plusieurs années, Alstom semble susciter un regain d’intérêt chez les analystes financiers. L’acquisition de Bombardier Transport, longtemps perçue comme un boulet, pourrait finalement se muer en catalyseur de croissance. Les investissements massifs prévus en Allemagne ajoutent une dose d’optimisme à ce tableau contrasté.

2025 : une année en demi-teinte sur les marchés

Le parcours d’Alstom en Bourse cette année illustre parfaitement les hauts et bas du groupe. Avec une progression de 12,7 % sur l’ensemble de 2025, l’action fait à peine mieux que le CAC 40 (+9,3 %). Mais c’est surtout la publication des résultats annuels en mai qui a marqué les esprits. Les prévisions de flux de trésorerie pour l’exercice 2025-2026, jugées décevantes, ont provoqué une dégringolade de 17,3 % du titre.

Cette problématique de liquidités empoisonne Alstom depuis plusieurs années déjà. D’après les calculs de Citi, le groupe a consommé près de 2,5 milliards de dollars de trésorerie sur les quatre exercices achevés en mars 2024. Un chiffre qui fait mal et qui s’explique en grande partie par les difficultés d’intégration de Bombardier Transport : surstocks, retards de projets, coûts de mise en conformité… La direction a d’ailleurs lancé une vaste restructuration financière en 2024 pour préserver sa notation de crédit et maintenir l’équilibre du bilan.

Du sang neuf à la tête du groupe

Les résultats du premier semestre 2025-2026 ont apporté une bouffée d’air frais, accompagnés d’un remaniement notable de l’équipe dirigeante. Dès avril 2026, Martin Sion, qui pilote actuellement Arianegroup, prendra les rênes d’Alstom en remplacement d’Henri Poupart-Lafarge.

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Ce changement de garde s’annonce prometteur. Martin Sion travaillera main dans la main avec Philippe Petitcolin au conseil d’administration et Bernard Delpit aux finances. Leur point commun ? Tous trois ont fait leurs armes chez Safran, un groupe reconnu pour l’excellence de sa gestion opérationnelle. Cette « dream team » inspirée de l’aéronautique pourrait bien insuffler un nouveau dynamisme à l’industriel ferroviaire.

2026 : l’année de tous les espoirs ?

Si l’on en croit la majorité des analystes, 2026 pourrait marquer un tournant décisif pour Alstom. Pourtant, force est de constater que le titre a perdu plus de 43 % de sa valeur au cours des cinq dernières années, malgré une réputation technique solide.

Deutsche Bank maintient sa confiance avec une recommandation d’achat et un objectif de cours à 27 euros (contre 24,3 euros actuellement). Pour la banque allemande, l’intégration chaotique de Bombardier Transport touche à sa fin et devrait libérer un potentiel considérable : synergies d’achat, efficacité commerciale, complémentarité technologique.

L’environnement macroéconomique joue également en faveur d’Alstom. Transition énergétique, engorgement des centres-villes, budgets publics soutenus – particulièrement outre-Rhin – autant de facteurs qui alimentent une croissance estimée à 5 % par an. La dynamique des flux de trésorerie montre des signes encourageants, avec un objectif d’un milliard d’euros annuels qui semble désormais « à portée de main » selon Deutsche Bank.

Citi change son fusil d’épaule

Le 5 décembre 2025 marquera peut-être une date charnière. Ce jour-là, Citi a surpris les marchés en passant sa recommandation de « neutre » à « achat », déclenchant un rebond de près de 5 % de l’action. Cette volte-face s’appuie sur une meilleure lisibilité des flux de trésorerie, positifs pour la première fois depuis des années.

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La banque américaine met toutefois un bémol : les divergences d’interprétation sur la définition de ces flux compliquent l’analyse. Malgré cette réserve, Citi anticipe une amélioration durable au-delà du plan triennal en cours, estimant qu’Alstom sort enfin des turbulences liées au rachat de Bombardier Transport.

Côté projections, la banque table sur plus de 700 millions d’euros de flux de trésorerie libre fin 2027, avec un objectif symbolique d’un milliard en 2028. Ce redressement s’appuiera sur une évolution stratégique du portefeuille d’activités : montée en puissance des services et de la signalisation, moins capitalistiques que la fabrication de trains.

JPMorgan mise gros sur l’effet Allemagne

JPMorgan pousse l’optimisme encore plus loin avec une recommandation d’achat assortie d’un objectif à 33 euros, soit un potentiel de hausse proche de 40 %. La banque américaine base sa conviction sur un élément clé : le plan de relance ferroviaire allemand.

Berlin prévoit de doubler ses investissements ferroviaires sur les cinq prochaines années, une manne qui n’est pas encore totalement intégrée dans les cours de Bourse. JPMorgan s’attend à une vague de commandes dès 2026, susceptible de revaloriser significativement les multiples d’Alstom.

Sur le plan financier, la banque anticipe une nette amélioration du résultat net : plus de 500 millions d’euros contre 183 millions en 2024. Cette progression découlerait d’une diminution des coûts exceptionnels et d’un allègement des provisions. Un cocktail qui devrait mécaniquement améliorer la génération de cash en 2026.

Barclays joue les trouble-fête

Toutes les banques ne partagent pas cet enthousiasme. Barclays fait figure d’exception en recommandant de sous-pondérer l’action, équivalent d’un conseil de vente dans le jargon financier.

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La banque britannique ne remet pas en cause les fondamentaux : leadership technologique, liquidité confortable, qualité managériale. Mais elle pointe du doigt des faiblesses persistantes dans l’exécution opérationnelle. La génération de trésorerie reste fragile à ses yeux, tandis que le bilan et la notation crédit demeurent sous surveillance.

Dans ce contexte, Barclays prêche la patience et met en garde contre un optimisme prématuré sur la reprise du titre.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.