bank-of-america-voit-le-titre-renault-bondir-de-20-un-pari-sur-lassouplissement-reglementaire

Bank of America voit le titre Renault bondir de 20% : un pari sur l’assouplissement réglementaire

julien
écrit par Julien

décembre 6, 2025

L’action Renault s’envole à la Bourse de Paris après que Bank of America a revu sa copie. La banque américaine vient de passer sa recommandation à l’achat, pariant sur un vent favorable du côté réglementaire européen et américain. Sans oublier un événement majeur qui se profile pour mars 2026.

Quand les experts ne s’accordent plus sur Renault

Décembre rime avec révisions pour les analystes du secteur automobile. L’occasion de revoir leurs copies avant l’année qui arrive. Mais sur Renault, impossible de faire l’unanimité. Mercredi dernier, UBS a dégainé en premier : passage de « neutre » à « vendre ». Leur argument ? Les véhicules électriques plombent la rentabilité du constructeur au losange.

24 heures plus tard, Bank of America prend le contre-pied total. Dans ses prévisions 2026 pour l’automobile, la banque américaine relève Renault à « acheter » (exit le « neutre »). Mieux encore : l’objectif de cours grimpe de 38 à 42 euros. Résultat ? Un potentiel de progression de 20,7% par rapport au dernier cours de clôture (34,8 euros).

L’effet est immédiat : jeudi, l’action Renault a bondi de 6,6%, trustant la première place des hausses du CAC 40.

Valorisation bradée pour des résultats qui patinent

Bank of America le martèle : Renault se traite à prix d’ami. Le titre s’échange à peine 4,3 fois les bénéfices estimés sur douze mois – soit 20% de moins que Stellantis. Plus fort encore : une fois retranchées la trésorerie et la participation dans Nissan, la valorisation des activités core devient négative. Traduction ? Le marché boude complètement le dossier.

A LIRE  Guerbet s'effondre en Bourse après avoir revu ses objectifs 2025 à la baisse

Difficile de lui donner tort après l’année 2025. Le départ de Luca de Meo, artisan du redressement, a laissé place à François Provost. L’été a apporté son lot de mauvaises nouvelles : avertissement sur résultats en juillet, crash de 18,5% en une séance sur fond de recul du marché des utilitaires européens. Octobre n’a rien arrangé avec des résultats T3 certes conformes, mais qui ont ravivé les craintes sur l’érosion des prix.

Bank of America ne se fait pas d’illusions pour 2026. La marge opérationnelle devrait reculer à 5,8% contre 6,4% l’année d’avant. Les coupables ? La croissance dans les marchés émergents (l’Inde notamment) où la rentabilité rime avec sacrifice, plus le boulet des véhicules électriques aux marges compressées. Mais comme la direction a déjà préparé le terrain, cette dégradation ne devrait pas surprendre les investisseurs.

L’espoir d’une réglementation moins contraignante

Bank of America identifie plusieurs catalyseurs pour une remontée du cours Renault. Premier objectif : atteindre la marge opérationnelle de 6,5% promise pour 2025. La banque reste prudente avec une estimation à 6,4%, mais la realisation de cette cible déclencherait probablement un mouvement de soulagement.

L’horizon 2026 réserve aussi une échéance cruciale : la présentation du nouveau plan stratégique au premier trimestre. Bank of America s’attend à ce que François Provost confirme le recul de rentabilité en 2026, avant une stabilisation puis une amélioration. Avec des attentes modestes, l’annonce pourrait bien être digérée sans heurts.

Mais le vrai game changer, c’est l’assouplissement espéré des normes CO₂. L’administration Trump pourrait supprimer les amendes pour les constructeurs américains en infraction. Renault n’est pas présent outre-Atlantique, certes, mais son lien avec Nissan (moins de 36% de parts) pourrait jouer. L’Amérique du Nord représente 50% des revenus du partenaire japonais : une meilleure performance boursière de ce dernier rejaillirait mécaniquement sur Renault.

A LIRE  Orange action : Quelle est la tendance actuelle en bourse ?

L’Europe aussi pourrait desserrer l’étau. Report de l’interdiction des véhicules thermiques au-delà de 2040 (contre 2035 actuellement), réduction des objectifs CO₂ à horizon 2035… Ces évolutions limiteraient les disruptions sectorielles, surtout pour les constructeurs ancrés sur les marchés historiques.

Renault cochent toutes les cases : 70% des ventes et 80% du chiffre d’affaires en Europe. Bank of America y voit plusieurs opportunités : maintien possible des marges sur les utilitaires légers, effet de levier favorable pour la marque Dacia. Sans oublier la gamme des petites voitures qui profiterait d’un assouplissement des normes de sécurité et des nouvelles aides allemandes pour les véhicules électriques abordables – territoire où Renault excelle avec ses R4, R5 et autres Dacia Spring.

Stellantis dans le sillage, mais sans conviction

Bank of America maintient sa recommandation « neutre » sur Stellantis, qui gagne malgré tout 3,5% en Bourse. La banque mise sur la reprise progressive en Amérique du Nord, jugée indispensable pour une revalorisation du groupe. L’assouplissement des normes d’économies de carburant pour les modèles 2022-2031, sous l’impulsion Trump, constitue un autre atout. La préférence du marché pour les voitures essence « traditionnelles » pourrait soutenir Stellantis à moyen terme.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.