Le fabricant français de produits de contraste, Guerbet, a essuyé une lourde chute boursière ce mardi 16 septembre à Paris. La faute à une révision à la baisse de ses perspectives financières pour 2025 qui a pris les investisseurs de court et déclenché leur ire.
Quand Guerbet déçoit là où Vusiongroup brille
Le timing ne pouvait pas être plus cruel. Pendant que Vusiongroup, le champion des étiquettes électroniques, relevait fièrement ses objectifs annuels, Guerbet subissait un véritable camouflet boursier. L’annonce, publiée après la fermeture des marchés ce lundi, évoque pudiquement un « Ajustement des objectifs financiers annuels 2025 » dans son communiqué.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au lieu d’une croissance du chiffre d’affaires oscillant entre 3 % et 5 % à taux de change constants, la société anticipe désormais un recul d’environ 1 %. Côté rentabilité, l’histoire n’est guère plus reluisante. La marge d’exploitation (Ebitda) retraitée devrait se situer entre 12 % et 13 %, bien loin de l’objectif initial dépassant les 15 %. Guerbet s’attend même à un free cash-flow légèrement négatif, alors que le management visait un territoire positif.
Une sanction boursière impitoyable
Les marchés n’ont pas fait dans la dentelle. Le titre a plongé de plus de 22 % à 15,06 euros vers 14h45, creusant un peu plus un gouffre vertigineux : la dégringolade atteint désormais 83 % depuis le sommet historique de 90,64 euros touché en février 2017. Cette chute libre paraît d’autant plus brutale que la société avait maintenu ses objectifs pas plus tard qu’en juillet dernier, accentuant l’effet de surprise.
Les maux français et américains s’accumulent
Guerbet n’a pas attendu la publication de ses résultats du 24 septembre pour tirer la sonnette d’alarme. Les explications avancées pointent plusieurs zones de turbulence. Sur le territoire français, l’activité pâtit toujours de la réforme de l’approvisionnement des produits de contraste. Ces derniers se vendent exclusivement en grands flacons unidoses destinés aux établissements hospitaliers, une mutation qui grignote volumes et marges.
Outre-Atlantique, le tableau n’est guère plus réjouissant. Le groupe se heurte à un changement défavorable du mix clients, avec une montée en puissance des distributeurs qui pèse sur la rentabilité. S’ajoute à cela un incident technique sur le site de Raleigh, heureusement résolu, mais qui a perturbé la production suite à des opérations de maintenance programmées.
Cap sur la consolidation et l’innovation
Face à ces vents contraires, Guerbet assure avoir déployé des mesures visant à sécuriser l’approvisionnement, rationnaliser les coûts et préserver la génération de flux de trésorerie. Malgré ces turbulences, la direction garde le cap sur le moyen terme, s’appuyant notamment sur le développement de l’Elucirem, un produit novateur pour les examens IRM, sans oublier la dynamique positive autour du Lipiodol, un autre pilier de sa gamme de produits de contraste.
Les analystes pris à contre-pied
Du côté des analystes, la surprise est totale. Oddo BHF qualifie cette révision de « surprise importante », rappelant que le consensus tablait sur une progression du chiffre d’affaires de 2,4 % et une marge d’Ebitda proche de 14,7 % pour 2025. L’analyste reconnaît avoir sous-estimé la persistance des difficultés sur le marché français, tout en gardant un œil optimiste sur une amélioration progressive, y compris aux États-Unis.
Dans ce nouveau contexte, Oddo BHF adopte une approche plus circonspecte, préférant attendre des signaux plus clairs avant de se prononcer sur les perspectives immédiates de Guerbet.

