Ce mardi 14 octobre 2025, le CAC 40 a su résister malgré un environnement tendu marqué par des frictions commerciales internationales et des remous politiques hexagonaux. L’annonce du Premier ministre Sébastien Lecornu concernant la suspension de la réforme des retraites de 2023 a joué un rôle notable dans cette limitation des dégâts sur la place parisienne.
Des tensions internationales qui pèsent sur l’humeur des marchés
La journée avait pourtant mal commencé. Avec la résurgence des tensions commerciales sino-américaines, le CAC 40 avait plongé de plus de 1,3% dans les premiers échanges. Mais l’indice parisien a trouvé des ressources l’après-midi pour se reprendre, terminant finalement sur une modeste contraction de 0,18% à 7 919,62 points. Un sauvetage in extremis qui lui permet de préserver le cap psychologique des 7 900 points, largement grâce aux développements politiques français.
Gel de la réforme des retraites : une pause jusqu’en 2027
Durant sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu a créé la surprise en annonçant le gel complet de la réforme des retraites mise en œuvre depuis deux ans. La durée de cotisation comme l’âge légal de départ resteront figés jusqu’aux élections présidentielles de 2027. Une concession majeure au Parti socialiste qui permet d’écarter le spectre d’une motion de censure.
Antoine Andreani, responsable de la recherche chez XTB France, y voit un « signal de stabilisation à court terme » qui rassure temporairement les investisseurs face à l’incertitude politique.
Les obligations françaises respirent
Cette annonce a également détendu l’atmosphère sur le marché obligataire. Le rendement de l’OAT 10 ans française s’est replié à 3,40%, après avoir affiché 3,47% en clôture la veille. Cette détente des taux reflète un regain de confiance, même relatif, des investisseurs dans la capacité du gouvernement à naviguer dans les eaux agitées de la politique française.
Les gagnants et perdants du jour au CAC 40
Du côté des valeurs individuelles, Michelin s’est montré le plus fragile avec une dégringolade de 8,9%, plombé par un avertissement particulièrement sévère sur ses résultats à venir. Publicis a également cédé 1,75%, malgré des comptes trimestriels dans le vert. Les investisseurs demeurent prudents face aux interrogations que soulève l’intelligence artificielle sur le secteur publicitaire.
Hors CAC 40, Soitec a accusé un plongeon de 17% suite à la dégradation de ses perspectives de résultats bruts et nets par Oddo BHF, dans l’attente des résultats semestriels attendus le 19 novembre.
Panorama des autres marchés
Sur le marché des changes, l’euro a progressé de 0,3% contre le billet vert, s’établissant à 1,1601 dollar, tandis que persistent les incertitudes commerciales. Côté énergie, les prix pétroliers ont reculé : le Brent de mer du Nord pour livraison décembre a perdu 1,9% à 62,10 dollars, et le WTI novembre a cédé 1,75% à 58,45 dollars à New York. Ces replis s’expliquent par les prévisions de surplus de l’Agence internationale de l’énergie, qui anticipe un excédent de 2,2 millions de barils par jour cette année et 4 millions pour 2026.

