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CAC 40 : LVMH, Essilorluxottica, STMicroelectronics… Quelles valeurs se sont démarquées lors de la saison des résultats ?

julien
écrit par Julien

novembre 9, 2025

La saison des publications trimestrielles du CAC 40 s’est achevée cette semaine, dévoilant des écarts saisissants entre les groupes de l’indice parisien. Performance éclatante d’un côté, déconvenues de l’autre : quels titres ont tiré leur épingle du jeu après la présentation de leurs chiffres, et lesquels ont essuyé les foudres des marchés ?

Un bilan globalement défavorable

Après une précédente saison épineuse marquée par un recul moyen de 2,3 %, les publications du troisième trimestre font miroiter un léger répit, sans pour autant rassurer totalement. La variation moyenne des cours des 40 groupes ressort à -0,46 %, témoignant d’un marché toujours méfiant, parfois impitoyable. Dans le détail, 19 valeurs ont progressé quand 21 autres ont reculé.

Cette édition révèle surtout une polarisation marquée : cinq sociétés ont décroché des hausses dépassant 6 %, tandis que six autres ont accusé des chutes supérieures à ce même seuil. Une sévérité qui traduit l’incertitude planant sur plusieurs secteurs phares.

Méthodologie et particularités

L’analyse des réactions boursières s’appuie principalement sur les cours observés lors de la séance suivant la publication des résultats, que celle-ci intervienne le matin ou en fin de journée — LVMH illustre parfaitement ce cas de figure. Une exception notable concerne Michelin : son avertissement sur résultats du 13 octobre a provoqué une secousse majeure prise en compte dans cette évaluation.

Certaines baisses, comme celle de Vinci (-1,99%), ne découlent pas directement de la qualité des résultats publiés. Ce repli trouve son origine dans les préoccupations fiscales autour de la « taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance », portée par un amendement validé par la commission des finances à l’Assemblée nationale. Une épée de Damoclès qui pèse sur les gestionnaires d’infrastructures routières et aéroportuaires.

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Les valeurs qui se distinguent positivement

Dans le peloton de tête, Edenred s’impose avec un bond spectaculaire de 19,64 %, surfant sur une croissance du chiffre d’affaires dépassant les prévisions trimestrielles. Le groupe a également apaisé les investisseurs en balayant les inquiétudes fiscales qui handicapaient l’activité des titres-restaurant en France, tout en rassurant sur la stabilité de la situation au Brésil — un dossier sensible aux yeux des actionnaires. Malgré cette envolée, le titre demeure fragile sur le long cours, accusant une chute de 60 % sur trois ans, séquelle d’une valorisation antérieure jugée excessive.

Essilorluxottica a également brillé avec une progression de 12,98 %, portée par une croissance organique record de 11,4 % hors devise. L’essor des lunettes intégrant l’intelligence artificielle, fruit du partenariat avec Meta, joue un rôle déterminant dans cette dynamique. Bank of America affiche son optimisme, saluant la transformation du profil de l’entreprise.

Dans l’univers du luxe, LVMH a largement dépassé les espoirs, s’adjugeant une hausse de 12,22 %. Oddo BHF mise sur le renouveau créatif des marques de mode, qui devrait alimenter une croissance robuste en 2026. Kering emboîte le pas avec un sursaut de 8,71 %, soutenu par des performances supérieures aux attentes across the board, Gucci comprise. Barclays tempère légèrement l’enthousiasme, notant que la progression chinoise reste moins franche que chez certains rivaux.

Le groupe hôtelier Accor s’octroie aussi une hausse de 7 % après avoir multiplié les annonces encourageantes : activité rassurante, objectif de rentabilité revu à la hausse, programme de rachats d’actions et projet de cotation de sa filiale Ennismore, spécialisée dans le lifestyle.

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Les groupes sous pression

Du côté des plus lourdes chutes, STMicroelectronics retient l’attention avec un plongeon de 14,12 %. Après avoir dévoilé des prévisions jugées décevantes pour le trimestre en cours, la société voit son redressement s’annoncer plus laborieux qu’escompté, même si Jefferies maintient une recommandation d’achat.

Dassault Systèmes cède 12,98 %, sanctionné par des résultats en deçà des espoirs et une révision à la baisse de ses prévisions annuelles. Ce décrochage trouve son explication dans des ventes de licences en dents de scie, une déception liée à Medidata (spécialiste des logiciels pour essais cliniques), et une croissance moins rapide qu’attendu sur Centric PLM, acteur des solutions pour la mode et la distribution.

Le troisième recul majeur échoit à Legrand (-12,2 %), dont la croissance organique au troisième trimestre (6,7 %) reste en retrait des anticipations (8,7 %). Sa marge opérationnelle ajustée s’établit à 20 %, contre 20,8 % espérés, selon Royal Bank of Canada. Cette dernière relativise toutefois, estimant que les attentes étaient ambitieuses, tandis que Barclays y décèle une opportunité d’achat.

Parmi les autres baisses notables, Michelin lâche 8,93 % après un avertissement sur résultats plus sévère que prévu, bien qu’anticipé par le marché. Stellantis abandonne 8,75 %, plombé par des charges liées à sa transformation. L’Oréal a déçu quant à lui, avec une croissance jugée trop modérée face aux attentes et des propos peu convaincants lors de sa conférence téléphonique, selon Deutsche Bank.

Cette saison de résultats illustre un marché français toujours sur ses gardes, où les investisseurs opèrent une distinction claire entre les entreprises parvenant à dépasser les attentes et celles confrontées à des interrogations sur leur avenir ou leur environnement concurrentiel.

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julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.