D’après le septième rapport annuel sur les hedge funds cryptos publié par l’AIMA et PwC, la majorité des fonds spéculatifs traditionnels affichent aujourd’hui une exposition aux actifs numériques. Une évolution marquante qui témoigne de l’intégration progressive des cryptomonnaies dans la gestion d’actifs classique.
Un mouvement d’adoption qui s’accélère
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 55 % des hedge funds possèdent désormais des cryptomonnaies, là où ils n’étaient que 47 % l’année dernière. Cette progression de 17 % sur douze mois signe un véritable tournant dans la perception des actifs numériques chez les gestionnaires d’investissement traditionnels.
Une approche encore prudente malgré l’engouement
Les gestionnaires gardent la tête froide : plus de la moitié des fonds exposés aux cryptos limitent leur allocation à moins de 2 % de leur portefeuille. En moyenne, ils y consacrent environ 7 % de leurs actifs. Mais l’appétit grandit : 71 % des fonds comptent renforcer leurs positions au cours des douze prochains mois.
Pourquoi investir et comment gérer les risques ?
Les motivations restent classiques : diversification des portefeuilles pour 47 % d’entre eux, recherche d’alpha neutre au marché pour 27 %, et attrait pour les rendements asymétriques (13 %). Cette retenue reflète une volonté de capturer les opportunités du secteur crypto tout en gardant le contrôle sur l’exposition au risque.
Comment les fonds s’exposent-ils aux cryptomonnaies ?
L’enquête porte sur 122 gestionnaires de fonds, qui pilotent collectivement près de 1 000 milliards de dollars d’actifs. Ils privilégient massivement les approches indirectes : 67 % passent par des dérivés sur crypto-actifs (contre 58 % l’année précédente), évitant ainsi de détenir directement les tokens.
Cette stratégie paraît plus sécurisée sur le papier, même si le récent flash crash d’octobre 2025 – qui a généré près de 20 milliards de dollars de liquidations – rappelle brutalement la volatilité extrême de ces marchés.
Multiplication des stratégies d’accès
Du côté des méthodes d’investissement, le spot trading gagne du terrain, bondissant de 25 % à 40 %. Les produits négociés en bourse (ETP) captent 33 % des préférences. Les actifs tokenisés et les actions liées au secteur crypto pèsent chacun 27 %. Cette variété d’approches illustre un arbitrage constant entre la souplesse des dérivés et la détention directe via le spot, selon les contraintes réglementaires et les profils de risque de chaque gestionnaire.
Les fonds crypto purs voient leurs capitaux exploser
Les gestionnaires spécialisés exclusivement dans les cryptomonnaies voient leurs encours gonfler. Leur moyenne d’actifs sous gestion grimpe à 130 millions de dollars en 2025, contre 79 millions en 2024 et à peine plus de 40 millions en 2023. Les cryptos stars restent Bitcoin (86 %), Ethereum (80 %), Solana (73 %) et XRP (37 %), avec une percée notable de Solana par rapport à l’exercice précédent.
Les stratégies de rendement par staking séduisent également : 39 % des fonds utilisent le staking custodié tandis que 35 % optent pour le staking liquide.
Les institutionnels franchissent le pas
La participation des fonds de fonds double quasiment, passant à près de 40 % en 2025 contre 21 % l’an dernier. Plus frappant encore : les allocations des investisseurs institutionnels – fonds de pension, fondations, fonds souverains – ont presque doublé aussi, atteignant 20 % contre 11 % en 2024. Environ deux tiers des institutionnels interrogés détiennent aujourd’hui des actifs numériques. Reste que la moitié des hedge funds traditionnels non exposés ne projettent toujours pas d’investir dans les trois années à venir.

