Et si l’on vous payait pour quitter votre travail ? C’est le pari un peu fou qu’a lancé un chef d’entreprise belge. Derrière cette proposition déconcertante, se cache une stratégie audacieuse : prouver que ses salariés sont tellement attachés à leur poste qu’aucune prime, même conséquente, ne les inciterait à partir.
Une prime de départ pour tester la fidélité
Nikolas Vandelanotte, patron d’une société d’audit et de comptabilité basée à Courtrai, a surpris ses équipes : il offre jusqu’à 7 500 € à ceux qui choisiraient de démissionner. Mais l’offre n’est pas uniforme :
- 2 500 € pour un départ au bout d’un mois,
- 5 000 € après deux mois,
- et jusqu’à 7 500 € pour une démission au terme du troisième mois.
Cette prime ne s’adresse toutefois qu’aux nouveaux employés disposant déjà d’une expérience professionnelle. L’idée est claire : miser sur la motivation réelle des recrues et s’assurer que seuls les plus investis restent.

Un pari sur le bien-être au travail
Pour Nikolas Vandelanotte, il ne s’agit pas d’un coup de communication gratuit. Selon lui, la satisfaction des employés est le meilleur gage de fidélité : « Si vous venez travailler chez nous, nous sommes presque certains que vous ne voudrez plus repartir », affirme-t-il avec confiance.
L’objectif est double : renforcer l’attractivité de l’entreprise auprès des candidats, tout en envoyant un message fort à ceux déjà en poste. Ce patron n’hésite pas à jouer cartes sur table : si quelqu’un ne se sent pas bien dans son équipe, il préfère qu’il parte vite… et avec une compensation.
Quand une non-démission devient une fête
Pour tester la réaction de ses collaborateurs, un sondage anonyme a été réalisé en interne. Résultat : aucun salarié n’a montré la moindre intention de profiter de la prime. De quoi conforter le patron dans sa stratégie.
Et l’histoire ne s’arrête pas là. Vandelanotte a même annoncé que chaque fois qu’une prime de départ ne sera pas utilisée, le montant correspondant servira à financer un événement convivial pour les équipes, tous les trois mois. Autrement dit : si personne ne part, tout le monde gagne… en soirée d’entreprise.
Une stratégie qui interroge
Cette démarche, qui peut sembler provocatrice, n’est pourtant pas sans précédent. Certaines entreprises américaines de la tech avaient déjà proposé des « primes de départ » pour tester la motivation de leurs nouvelles recrues. Mais dans un contexte européen où le bien-être au travail devient un facteur déterminant de fidélisation, l’initiative belge marque les esprits.
Au fond, la question posée par ce patron est simple : vaut-il mieux investir dans des primes de départ hypothétiques… ou dans la création d’un environnement de travail durablement attractif ?

