L’indice phare de la place parisienne a rompu mercredi sa série noire de six séances, profitant d’un climat légèrement plus serein outre-Atlantique et de statistiques économiques américaines plutôt rassurantes.
Une pause bienvenue après six séances difficiles
Le CAC 40 a finalement repris son souffle en gagnant 0,08 % à 8 074,23 points, mettant fin à une série noire entamée il y a une semaine. Cette timide embellie fait écho au redressement observé la veille à Wall Street, où les principaux indices ont tous terminé dans le vert : +0,1 % pour le Dow Jones, +0,6 % pour le S&P 500 et +0,7 % pour le Nasdaq au moment de la fermeture européenne.
L’emploi américain montre des signes de vie contrastés
Les investisseurs ont pu s’appuyer sur la publication du rapport ADP concernant l’emploi privé américain, qui révèle la création de 42 000 postes en octobre – un chiffre qui contraste favorablement avec la destruction de 29 000 emplois enregistrée le mois précédent. L’indicateur ISM des services a également surpris en bondissant à 52,4, bien au-delà des 50,8 anticipés par le marché et surtout au-dessus du seuil critique de 50 qui sépare expansion et contraction économique.
Ces chiffres restent néanmoins à relativiser dans un contexte particulier : le shutdown gouvernemental qui paralyse l’administration américaine depuis 36 jours prive les analystes de nombreuses données officielles habituellement disponibles.
Un ralentissement qui se dessine malgré tout
Pour Bastien Drut, stratégiste chez CPRAM, cette absence de statistiques fédérales rend l’interprétation des données privées plus délicate. Ces dernières suggèrent certes une amélioration du marché de l’emploi en octobre, mais celle-ci reste fragile et s’inscrit dans la trajectoire de ralentissement progressif récemment évoquée par Jerome Powell. Une tendance qui pourrait justifier un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire américaine.
La tech reste sous surveillance malgré quelques bonnes nouvelles
L’appétit pour le risque demeure limité, les investisseurs gardant un œil inquiet sur les valorisations élevées du secteur technologique. Deutsche Bank note d’ailleurs une dégradation du sentiment de confiance sur cette thématique. Alexandre Baradez d’IG Markets observe que même les résultats encourageants de sociétés comme Palantir ou AMD ne parviennent plus à faire décoller le secteur, les bonnes nouvelles semblant déjà intégrées dans les cours.
Bouygues tire son épingle du jeu à Paris
Du côté français, Bouygues s’est distingué avec un gain de 1,45 %, porté par des résultats trimestriels qui ont dépassé les attentes. Le conglomérat laisse également entendre qu’il pourrait relancer les discussions avec Altice France autour d’un éventuel dossier SFR, alimentant les spéculations sur le marché des télécoms.
Stabilité monétaire, recul pétrolier
Sur le front des devises, l’euro a évolué sans grand relief face au billet vert, autour de 1,1485 USD. Le pétrole a en revanche reculé après l’annonce d’une hausse des stocks américains de brut. Le Brent janvier a abandonné 1 % à 63,78 dollars le baril, tandis que le WTI décembre chutait de 1,2 % à 59,26 dollars.

