Le spécialiste des spiritueux a dévoilé des chiffres trimestriels qui dépassent les projections, soutenus par un regain d’activité de ses ventes de cognac outre-Atlantique. Cette dynamique positive, combinée à un compromis trouvé avec Pékin, permet au groupe de relever ses prévisions de résultat opérationnel courant pour l’exercice en cours.
Le marché des spiritueux peine à retrouver ses couleurs
Voilà plusieurs années que l’univers des spiritueux traverse une période délicate sur les marchés financiers. La demande s’est essoufflée tant en Chine qu’aux États-Unis, situation aggravée par l’épée de Damoclès que représentent les droits de douane supplémentaires. L’action Rémy Cointreau a payé le prix fort : une dégringolade de plus de 70 % sur trois ans. Mais le vent semble avoir tourné ces dernières semaines. Le titre a rebondi de plus de 40 % en un mois, galvanisé entre autres par l’entente conclue avec la Chine pour éviter une fiscalité punitive sur les exportations européennes d’eaux-de-vie.
Les prévisions de rentabilité ajustées vers le haut
Cette entente diplomatique a permis au groupe de revoir ses projections annuelles pour le résultat opérationnel courant. L’entreprise table maintenant sur une baisse comprise entre 5 % et 9 % en données comparables pour 2025, soit un scénario nettement plus optimiste que la fourchette initiale de 15 % à 20 %. Ce recalibrage traduit une meilleure appréhension des coûts liés aux politiques douanières chinoises et américaines, désormais évalués à 45 millions d’euros contre 65 millions précédemment.
Un premier trimestre 2025-2026 au-delà des prévisions
Sur le premier trimestre, Rémy Cointreau a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires de 1,8 % en valeur, pour atteindre 220,8 millions d’euros, et de 5,7 % en données organiques. Ces chiffres battent les estimations du consensus établies respectivement à 213,9 millions d’euros et 2,3 % de progression, d’après le cabinet AlphaValue. Cette belle tenue s’appuie sur la division « liqueurs et spiritueux », qui affiche un chiffre d’affaires de 86,2 millions d’euros, en bond de 17,3 % à périmètre comparable, bien au-dessus des projections (78 millions d’euros et +5,8 %).
L’élan provient en grande partie du marché américain, qui pèse 42 % des ventes totales, épaulé par une normalisation progressive des niveaux de stocks. À l’inverse, la zone Asie-Pacifique reste à la peine, avec des turbulences persistantes à Hong Kong, Macao et Taïwan. Du côté de l’EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), qui représente 23 % du chiffre d’affaires, le climat s’éclaircit peu à peu, particulièrement pour les spiritueux.
Le cognac retrouve le chemin de la croissance
La branche cognac a elle aussi renoué avec une pente ascendante, son chiffre d’affaires à périmètre constant progressant de 1,3 % à 131,3 millions d’euros, battant l’estimation consensuelle de +0,5 %. UBS met d’ailleurs en avant une hausse de 10 % en valeur des volumes écoulés en Chine sur le trimestre, qu’elle interprète comme un signal prometteur pour la suite.
2025 en ligne de mire : le retour de la croissance organique
Fort de ces trois premiers mois encourageants, Rémy Cointreau mise sur une croissance organique de son chiffre d’affaires de l’ordre de 5 % sur l’ensemble de 2025, tirée par un « rebond technique marqué » espéré sur le territoire américain. Cette communication a séduit les investisseurs : vers 15h30, l’action grimpait de 6 % à la Bourse de Paris.

