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Netflix proche du club des 1.000 milliards : révolution ou bulle spéculative ?

julien
écrit par Julien

juillet 7, 2025

L’année 2025 place Netflix sous les projecteurs de Wall Street. Le géant du streaming caracole en tête des plus belles performances boursières, nourrissant des ambitions qui font grincer des dents : franchir le cap mythique du billion de dollars de valorisation. Un pari audacieux qui divise les analystes.

L’ascension fulgurante qui surprend Wall Street

Les chiffres donnent le vertige : 46,3 % de hausse depuis janvier 2025, et même 90 % sur douze mois. Netflix devance plusieurs poids lourds des « Sept magnifiques » de Wall StreetAlphabet, Amazon, Apple, Nvidia, Microsoft, Meta et Tesla. Pour mettre les choses en perspective, Nvidia se contente de 15,2 % en 2025 (24,2 % sur un an) tandis que Meta affiche 20 % cette année (41 % sur un an).

Cette envolée s’explique par une stratégie payante : monétiser et élargir l’audience. Depuis fin 2022, Netflix a lancé des formules avec publicité. L’année suivante, elle a serré la vis sur le partage de comptes. Objectif : gonfler ses revenus récurrents.

Goldman Sachs, en janvier dernier, pointait plusieurs leviers : consolidation du leadership dans le streaming longue durée, expansion publicitaire, ajustements tarifaires sur les marchés stratégiques. Le tout en gardant l’équilibre entre investissements contenus, marges opérationnelles et dividendes aux actionnaires.

Le pari sportif qui fait mouche

Netflix a flairé le filon du sport. Le combat de boxe entre Mike Tyson et le vidéaste Jake Paul a généré 108 millions de téléspectateurs cumulés. Pendant les fêtes de Noël 2024, la plateforme a diffusé deux matchs de la NFL, la ligue phare du football américain. Nielsen confirme : ces rencontres ont battu tous les records de streaming aux États-Unis avec près de 65 millions de spectateurs.

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Les résultats financiers suivent. Le quatrième trimestre 2024 a vu débarquer 18,9 millions d’abonnés supplémentaires – un record, même comparé à la période COVID. Les comptes ont dépassé les prévisions, accompagnés d’une annonce fracassante : 15 milliards de dollars de rachats d’actions. L’action a bondi de 9,6 % dans la foulée.

Le premier trimestre 2025 confirme la tendance. Bénéfice par action au-dessus des attentes, perspectives qualifiées d' »encourageantes » par Bank of America. Même si Netflix a cessé de publier régulièrement ses recrutements d’abonnés.

Peter Supino, analyste chez Wolfe Research, résumait la situation en avril : Netflix avait « déjà gagné la guerre du streaming » et modelait l’avenir du secteur.

L’objectif 1.000 milliards : réaliste ou fantasme ?

Avec ses 568 milliards de dollars de capitalisation, Netflix occupe le 18e rang mondial selon companiesmarketcap.com. L’entreprise vise désormais un doublement de ses revenus d’ici 2030 et une valorisation de 1.000 milliards de dollars. Sa stratégie mise sur l’expansion dans les marchés émergents – Inde, Brésil en tête – selon le Wall Street Journal.

Atteindre ce seuil propulserait Netflix dans un club très fermé d’une douzaine de sociétés. Elle renforcerait probablement sa position parmi les nouveaux « Sept magnifiques », tandis que d’autres candidats comme Broadcom tentent leur chance.

Les sceptiques montent au créneau

Mais voilà, cette perspective fait débat. Bank of America reste optimiste et a relevé en mai son objectif de cours à 1.490 dollars, soit une capitalisation autour de 620 à 630 milliards de dollars. Le potentiel d’appréciation se limite à 15 % environ.

Dans le détail, la majorité des analystes (18 sur 31) recommande l’achat, mais leurs objectifs de cours moyens restent inférieurs au prix actuel – 1.176 dollars contre un cours autour de 1.337 dollars.

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Charles Monot, de Monocle AM, soulève sur BFM Bourse un point troublant : la valorisation par employé de Netflix atteint 39 millions de dollars, contre 10 à 20 millions pour Microsoft et Meta, ou 15 millions pour Ferrari. Pour lui, Netflix affiche une valorisation excessive, d’autant que la société domine déjà son marché domestique américain – deux foyers sur trois sont abonnés. Difficile d’imaginer une croissance spectaculaire supplémentaire.

Début 2024, Netflix estimait le marché global des services vidéo payants (jeux vidéo inclus) à environ 600 milliards de dollars. Elle en capte 5 %, avec une part de marché inférieure à 10 % dans les pays où elle opère.

Morningstar adopte une position critique. L’agence a rehaussé récemment sa juste valeur à 750 dollars, toujours largement en-deçà du niveau de l’action. Verdict : le titre reste survalorisé. Ses analystes reconnaissent la qualité quasi irréprochable de l’activité du groupe, mais estiment que le marché a intégré des prévisions de croissance trop optimistes.

Une étude de Bestbrokers.com, publiée l’été dernier, mentionnait Netflix parmi les valeurs susceptibles de franchir la barre des 1.000 milliards. Mais uniquement au cours des années 2030. Leur méthodologie reposait sur une extrapolation simpliste des hausses annuelles depuis 2022 – peu convaincante.

Données boursières arrêtées au 3 juillet 2025.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.

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