L’offensive israélienne visant des installations militaires et nucléaires iraniennes fait flamber les cours pétroliers, propulsant les valeurs du secteur à la hausse. Le transport aérien, lui, trinque face à la perspective d’une facture carburant alourdie, pendant que les équipementiers défense tirent leur épingle du jeu.
Le CAC 40 tangue au rythme des soubresauts géopolitiques
Paris accuse une baisse de 0,7 % vers 10h20 alors qu’Israël vient de confirmer ses frappes nocturnes sur l’Iran. L’opération a visé plusieurs infrastructures stratégiques et coûté la vie à des responsables iraniens de premier plan, notamment Mohammed Bagheri, chef d’état-major. La riposte de Téhéran ne s’est pas fait attendre : une centaine de drones ont pris la direction d’Israël, épaississant le brouillard sur l’issue du conflit.
Pour Sebastian Paris Horvitz de LBPAM, « les prochains jours révéleront l’ampleur des risques, mais ils restent clairement défavorables à l’économie mondiale ».
Les pétroliers surfent sur la vague du baril
Cette flambée fait le bonheur des mastodontes de l’or noir. L’Iran pèse lourd sur l’échiquier énergétique mondial : neuvième producteur en 2023 avec 4 millions de barils quotidiens selon l’Agence américaine de l’énergie, soit 4 % de l’offre globale. Les marchés craignent une désorganisation des circuits d’approvisionnement, poussant le Brent à 72,97 dollars le baril – un bond de 5,2 % qui signe le plus haut de l’année.
TotalEnergies caracole en tête des hausses du CAC 40 avec une progression de 2 %. Outre-Manche, BP emboîte le pas avec un gain identique. Les performances de ces géants restent indissociables des soubresauts des hydrocarbures sur la scène internationale.
Défense en vogue, aérien en berne
Les industriels de l’armement tirent profit de la dégradation sécuritaire. Thales gagne 0,6 % tandis que Dassault Aviation s’adjuge 1 %. Outre-Rhin, Rheinmetall progresse de 1,1 % et BAE Systems s’envole de 2,6 % à Londres. Chez Jefferies, on estime que ces développements devraient raviver l’appétit pour la défense, un secteur qui piétinait depuis les incertitudes autour du sommet OTAN de fin juin.
À l’opposé, les compagnies aériennes essuient les plâtres. Air France-KLM plonge de 3,8 %, rejointe par Lufthansa (-3,8 %) et le groupe IAG (-4,7 %), propriétaire d’Iberia et British Airways. Le coupable ? L’alourdissement prévisible de la facture carburant, poste budgétaire critique pour ces transporteurs.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Air France-KLM a déboursé 6,74 milliards d’euros de carburant en 2024. Pour 2025, son exposition dépasse les 7 milliards de dollars. La compagnie avait d’ailleurs alerté en février qu’une hausse de 10 % du Brent (alors à 86 dollars) alourdirait sa facture énergétique de près de 487 millions de dollars.

