Un escroc basé au Nigeria a réussi à soutirer un quart de million de dollars en cryptomonnaie à un généreux donateur politique… en se faisant passer pour un ami proche de Donald Trump. Une histoire à peine croyable, digne d’un thriller numérique.
Un faux nom, une vraie arnaque
Se faire passer pour un membre influent du cercle de Donald Trump, c’est déjà audacieux. Mais se glisser dans la peau de Steve Witkoff, un promoteur immobilier new-yorkais bien connu et proche de la famille Trump, c’est carrément du grand art… de l’arnaque. C’est exactement ce qu’a tenté – et réussi – un escroc installé à Lagos, au Nigeria.
Grâce à une simple adresse mail imitant celle du comité d’inauguration Trump-Vance, le fraudeur a su convaincre un potentiel donateur de virer 250 000 dollars en USDT.ETH – une cryptomonnaie indexée sur l’Ethereum – vers un portefeuille numérique frauduleux. Un coup de maître en ingénierie sociale, cette méthode qui joue sur la crédulité, l’urgence ou l’enthousiasme de la cible pour lui soutirer de l’argent.
Une enquête bien ficelée
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le FBI, alerté, a rapidement retracé une partie des fonds détournés. Résultat : plus de 40 000 dollars ont pu être gelés, dont une partie retrouvée sur une plateforme bien connue, Binance, au nom d’un certain… Ehiremen Aigbokhan. Ce nom ne vous dit rien ? C’est normal. Mais au Nigeria, ce type de fraudeur a un surnom : les « yahoo boys », spécialisés dans les escroqueries en ligne bien ficelées.
Selon la justice américaine, le département fédéral s’emploie désormais à rapatrier les fonds retrouvés vers leur légitime propriétaire. Une tâche ardue, car la nature même de la blockchain – transparente mais décentralisée – complique toute tentative de remboursement. Plus de 210 000 dollars demeurent aujourd’hui introuvables.
Une mise en garde aux airs de leçon
La procureure Jeanine Pirro n’a pas mâché ses mots. Elle appelle tous les donateurs à redoubler de vigilance, surtout lorsqu’il s’agit de crypto : “Vérifiez, revérifiez et revérifiez encore avant de transférer vos fonds”, martèle-t-elle. Dans un univers où les transactions sont irréversibles et où les arnaques sont devenues monnaie courante, la prudence est désormais une règle de base.
Binance et Tether – deux géants de l’écosystème crypto – ont quant à eux collaboré à l’enquête. Une coopération rare mais salutaire, tant ces plateformes sont souvent critiquées pour leur manque de transparence. Pour une fois, elles ont joué le jeu.
Le glamour du crypto-Trumpisme, un aimant pour les escrocs
Ce n’est pas un hasard si l’escroc a choisi de se faire passer pour Steve Witkoff. L’homme est co-président du comité d’inauguration Trump-Vance et proche de World Liberty Financial, un projet crypto adoubé par les cercles trumpistes. Ce mélange de politique, de finance alternative et de réseaux très fermés a de quoi faire tourner la tête… ou tendre des pièges.
Car dans ce microcosme où les millions circulent souvent plus vite que l’éthique, les escrocs flairent les opportunités comme des truffiers en forêt. Et certains, comme Aigbokhan, n’hésitent pas à pousser l’illusion jusqu’au bout, surfant sur les noms connus pour brouiller les pistes et gonfler leurs portefeuilles.
Leçon du jour ? Dans l’univers des cryptos, l’arnaque est souvent à un clic d’e-mail. Et peu importe que vous soyez donateur, amateur ou expert : la prudence, elle, n’a pas de prix.

