Valneva maintient sa belle lancée à la Bourse de Paris. Ce lundi 18 août, le spécialiste français des vaccins contre les maladies infectieuses a décroché une extension d’autorisation pour son vaccin Ixchiq contre le chikungunya, désormais accessible aux adolescents canadiens. Une annonce qui dope un titre déjà en pleine euphorie depuis plusieurs semaines.
Ixchiq élargit son champ d’action au Canada
Santé Canada vient de donner son feu vert pour l’utilisation d’Ixchiq chez les 12 ans et plus. Un cap franchi quatre mois après l’approbation initiale réservée aux adultes en avril 2024. Cette extension ouvre la porte à un marché plus vaste sur un territoire stratégique.
Juan Carlos Jaramillo, directeur médical de Valneva, rappelle l’urgence sanitaire : le chikungunya reste une menace de premier plan, particulièrement pour les populations vivant ou se rendant dans les zones à risque. L’entreprise guette maintenant des décisions similaires ailleurs, ce qui renforcerait l’arsenal contre cette maladie débilitante qui gagne du terrain.
Ixchiq révèle son potentiel commercial
Le chikungunya frappe fort : cette infection virale véhiculée par les moustiques déclenche fièvre, douleurs articulaires et musculaires sévères, sans oublier nausées, épuisement et éruptions cutanées. Présent dans plus de 110 pays, ce fléau a contaminé 3,7 millions de personnes rien qu’en Amérique entre 2013 et 2023.
Ixchiq se déploie déjà en Union européenne, au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Le Brésil a rejoint le club en avril 2025, marquant une première validation dans un pays où le virus sévit en permanence.
Côté expansion, Valneva a obtenu l’extension pour les 12-17 ans dans l’UE et sollicite les autorités américaines pour un feu vert similaire.
Question finances, les premières ventes d’Ixchiq ont rapporté 3,7 millions d’euros en 2024. Sur le premier semestre 2025, ce vaccin a généré 7,5 millions d’euros selon les derniers résultats dévoilés la semaine passée. Mohamed Kaabouni, analyste chez Portzamparc, table sur un chiffre d’affaires annuel culminant à 200 millions d’euros d’ici 4 à 5 ans.
Un décollage boursier spectaculaire
Cette extension canadienne a électrisé les échanges sur Valneva dès lundi matin. Vers 10h30, l’action grimpait de 7,7%, prolongeant une ascension remarquable de 86% sur un mois. Sur l’année 2025, la valorisation frôle les 139% de progression.
Cette performance hisse Valneva au sommet du SBF 120, devançant des poids lourds comme Emeis (ex-Orpea) et Clariane (ex-Korian).
Une série d’actualités porteuses
Ce rebond s’inscrit dans un enchaînement de nouvelles favorables. Les autorités européennes et américaines ont levé successivement leurs restrictions sur Ixchiq. Ces mesures temporaires visaient à analyser certains effets indésirables graves signalés lors d’une flambée de chikungunya à la Réunion au printemps dernier. Dans cette situation, la France avait commandé 40 000 doses du vaccin Valneva.
Les résultats semestriels publiés la semaine dernière ont aussi séduit les investisseurs. L’action avait bondi de 8,7% le jour J, puis de 18,7% supplémentaires le lendemain.
Valneva a affiché une perte brute d’exploitation ajustée moindre que prévu grâce à un contrôle renforcé des coûts, tout en maintenant le planning de ses essais cliniques en cours.
Maladie de Lyme : l’autre projet phare avec Pfizer
Parallèlement, Valneva peaufine la phase finale de son vaccin VLA15 contre la maladie de Lyme, développé aux côtés du géant américain Pfizer. Les résultats de l’essai clinique de phase III tomberont après fin octobre 2025.
Si ce vaccin décroche ses autorisations aux États-Unis et en Europe l’année prochaine, Valneva pourrait empocher des revenus conséquents : jusqu’à 143 millions de dollars liés au lancement commercial, des royalties oscillant entre 14% et 22%, plus des paiements additionnels basés sur les volumes cumulés pouvant grimper à 100 millions de dollars.
Cette perspective alimente l’engouement des investisseurs pour Valneva, déjà dopé par les succès d’Ixchiq.

