L’Autorité des marchés financiers (AMF) a contraint le Groupe Bolloré et Vincent Bolloré à déposer sous six mois une offre publique d’achat (OPA) suivie d’une offre publique de retrait sur les actions Vivendi encore en circulation. Cette décision, qui découle d’un avis de la Cour d’appel de Paris, déclenche une envolée spectaculaire du cours de Vivendi à la Bourse de Paris.
L’AMF revient sur sa position initiale
Après des mois de bataille juridique autour de la scission de Vivendi finalisée fin 2024, l’AMF a fait volte-face. Dans une décision publiée ce vendredi 18 juillet, le gendarme boursier précise que Bolloré SE et Vincent Bolloré, qui tire les ficelles de la société, ont six mois pour déposer un projet d’offre publique de retrait visant les titres Vivendi. Cette procédure doit respecter les critères permettant à l’AMF de valider sa conformité avec l’article 236-6 du règlement général.
Un accueil enthousiaste des investisseurs
Suite à cette annonce, le titre Vivendi s’est envolé, gagnant plus de 10,7 % à la Bourse de Paris. Cette progression traduit l’approbation des investisseurs face à une décision qui s’inscrit dans le sillage du jugement de la Cour d’appel de Paris du 22 avril 2025. Cette dernière avait reconnu l’existence d’un contrôle de fait exercé par Bolloré sur Vivendi, contredisant une précédente position de l’AMF.
Retour sur un contentieux aux multiples rebondissements
En novembre 2024, l’AMF avait donné raison à Vivendi dans un différend l’opposant au fonds activiste Ciam, rejetant l’hypothèse d’un contrôle de Bolloré sur l’entreprise. Elle avait alors écarté l’application de l’article 236-6, bloquant ainsi la mise en place d’une OPA. Le fonds Ciam dénonçait une scission du groupe en quatre entités bénéficiant exclusivement à Bolloré, qui détient 29,9 % du capital, aux dépens des actionnaires minoritaires.
En décidant de faire coter Canal+ à Londres, Havas à Amsterdam et Louis Hachette sur Euronext Growth (compartiment autorisant la détention jusqu’à 50 % du capital sans obligation d’OPA), Vivendi a contourné la réglementation française sur les OPA. Cette architecture avait réduit les possibilités spéculatives pour les petits porteurs.
La Cour de cassation, dernière étape décisive
L’AMF a précisé qu’elle veillera à ce que la clôture de l’offre n’intervienne qu’après la décision de la Cour de cassation, qui doit trancher sur les pourvois formés contre l’arrêt de la Cour d’appel du 22 avril 2025. Cette précaution illustre l’importance stratégique du dossier, dont l’issue déterminera les modalités définitives de rachat des actions par Bolloré.
Au final, la pression judiciaire et réglementaire oblige désormais le Groupe Bolloré à proposer une offre aux actionnaires minoritaires, bouleversant la stratégie initiale de scission de Vivendi et ravivant l’intérêt du marché pour le titre.

