OpenAI multiplie les alliances stratégiques dans l’univers des semi-conducteurs. Après avoir noué des partenariats avec Nvidia et AMD, la société de Sam Altman vient de sceller un accord avec Broadcom pour obtenir des accélérateurs d’intelligence artificielle. L’objectif ? Démultiplier ses capacités de calcul pour soutenir sa croissance.
Un contrat d’envergure pour révolutionner l’infrastructure IA
Ce lundi 13 octobre, OpenAI – connue mondialement pour ses modèles de langage GPT qui font tourner ChatGPT – a officialisé son partenariat avec Broadcom, géant des puces électroniques. L’accord porte sur la livraison de processeurs spécialisés dans l’IA, baptisés accélérateurs d’IA, dont la puissance cumulée pourrait atteindre 10 gigawatts. Pour donner une idée de l’ampleur, cette capacité équivaut à la consommation électrique de pointe de New York durant l’été.
La répartition des rôles est claire : OpenAI conçoit les accélérateurs et systèmes, tandis que Broadcom se charge de leur fabrication et déploiement. Le calendrier prévoit un lancement au deuxième semestre 2026, avec une finalisation programmée pour fin 2029.
Si les montants restent secrets, UBS évalue qu’un gigawatt installé en data centers mobilise environ 50 milliards de dollars d’investissements. On mesure donc l’ampleur financière potentielle de cette collaboration.
Les marchés ont accueilli la nouvelle avec enthousiasme : l’action Broadcom a grimpé de 9,4 % en ouverture, témoignant de la confiance des investisseurs.
Une approche technique différente des GPU traditionnels
Broadcom propose des processeurs qui se distinguent nettement des GPU (processeurs graphiques) fabriqués par Nvidia ou AMD. Ses XPUs reposent sur des circuits intégrés personnalisés (ASIC) pensés pour des applications ultra-spécialisées, contrairement aux GPU plus polyvalents qui excellent dans l’entraînement des modèles IA – étape fondamentale pour développer les LLM.
Cette spécialisation des XPUs trouve son terrain de prédilection dans l’inférence : le déploiement à grande échelle des modèles dans les applications concrètes. Broadcom tire aussi parti de son savoir-faire reconnu en connectivité réseau, indispensable pour édifier ces « usines IA » – expression chère à Jensen Huang, patron de Nvidia – dont la puissance se chiffre désormais en gigawatts.
Ce rapprochement avec Broadcom marque le troisième grand accord d’OpenAI dans les semi-conducteurs en moins d’un mois.
Des investissements massifs qui questionnent la soutenabilité du modèle
La semaine dernière, OpenAI avait déjà paraphé un contrat avec AMD prévoyant jusqu’à six gigawatts de puces, accompagné d’une éventuelle participation de 160 millions d’actions dans le fabricant. L’annonce avait fait bondir AMD de près de 24 %.
Début octobre, Nvidia avait confirmé un investissement colossal de 100 milliards de dollars dans OpenAI, ouvrant la voie à une vague d’investissements sans précédent dans l’écosystème IA. Oracle n’est pas en reste avec un partenariat annoncé en septembre à hauteur de 300 milliards de dollars. Ces chiffres illustrent l’ampleur vertigineuse des capitaux qui gravitent autour de l’intelligence artificielle.
Cette frénésie financière suscite des interrogations chez certains analystes, qui pointent du doigt une circularité financière préoccupante. Les fonds injectés dans OpenAI se transforment en grande partie en commandes auprès des mêmes entreprises qui investissent, créant un système d’auto-alimentation dont la pérennité pose question.
Bespoke Investment Group, relayé par CNBC, alerte sur cette dynamique : si Nvidia doit financer les revenus qu’elle génère elle-même, cette logique circulaire pourrait fragiliser durablement l’ensemble du secteur.
Image : Broadcom progresse fortement en Bourse après l’annonce de son partenariat avec OpenAI
Crédit : Justin Sullivan / Getty Images via AFP

