Le CAC 40 marque le pas en ce début de semaine, les investisseurs gardant un œil attentif sur les tractations diplomatiques autour du conflit ukrainien. La rencontre du week-end entre Donald Trump et Vladimir Poutine n’ayant débouché sur aucune percée significative, les marchés parisiens naviguent dans un climat d’incertitude.
Un indice parisien fragilisé après un week-end diplomatique décevant
À la mi-journée de ce lundi 18 août, l’indice phare de la place parisienne affiche un repli de 0,8% environ, oscillant autour des 7 863 points. Cette baisse reflète directement les déceptions liées aux récents développements ukrainiens. La discussion nocturne de vendredi à samedi entre les présidents américain et russe s’est soldée par un statu quo diplomatique, loin des espoirs initiaux de Donald Trump qui visait un cessez-le-feu rapide.
Les deux dirigeants ont certes adopté un ton mesuré – Poutine évoquant des échanges « constructifs » tandis que Trump les qualifie de « productifs » – mais l’Américain semble désormais avoir abandonné l’idée d’un arrêt immédiat des hostilités au profit d’un processus de paix plus étalé dans le temps.
Zelensky mobilise l’Europe face aux risques d’un compromis défavorable
Volodymyr Zelensky ne reste pas inactif face à cette évolution. Le président ukrainien a organisé ce lundi même une mission de lobbying à Washington, entouré de plusieurs homologues européens. Cette démarche vise clairement à consolider le soutien occidental et à prévenir tout accord susceptible de faire la part belle aux exigences russes.
Jackson Hole dans le viseur des investisseurs
Parallèlement aux soubresauts géopolitiques, la communauté financière se prépare au grand rendez-vous annuel du symposium de Jackson Hole. Cette réunion de la Réserve fédérale américaine, qui s’ouvre cette semaine, culminera vendredi avec l’intervention très attendue de Jerome Powell.
L’optimisme sur les taux américains s’érode depuis la publication de statistiques d’emploi décevantes. Deutsche Bank note que les marchés anticipent maintenant un assouplissement monétaire d’environ 1 point sur l’année à venir, malgré les pressions inflationnistes liées aux droits de douane annoncés. L’établissement allemand met également en garde contre des valorisations d’actifs risqués qui semblent étirées.
Le secteur défense tire son épingle du jeu, les banques trinquent
Logiquement, l’absence de trêve profite aux équipementiers militaires. Thales s’adjuge 1% et entraîne dans son sillage d’autres spécialistes européens du secteur.
Les banques françaises paient en revanche le prix fort de cette morosité ambiante. Crédit Agricole lâche 2,3%, BNP Paribas abandonne 2% et Société Générale recule de 1,6%.
Hors CAC 40, Valneva brille avec une hausse de 3,3% après un pic matinal à plus de 8%. Le laboratoire bénéficie de l’autorisation canadienne pour étendre l’usage de son vaccin anti-chikungunya aux adolescents.
Euro et pétrole dans l’expectative
Du côté des devises, l’euro se tasse légèrement (-0,15%) face au billet vert, à 1,1686 USD. Les matières premières énergétiques évoluent sans direction claire : le Brent octobre grappille 0,2% à 65,99 dollars le baril tandis que le WTI septembre prend 0,4% à 63,07 dollars.

