Le CAC 40 accuse un léger recul ce lundi 14 juillet après que Donald Trump ait annoncé son intention d’imposer des droits de douane de 30 % sur les importations européennes dès le 1er août. Mais les investisseurs ne semblent pas particulièrement inquiets de cette nouvelle salve protectionniste.
Un fléchissement sans gravité sur fond de faible activité
Paris affiche des couleurs ternes avec le CAC 40 qui cède environ 0,6 % en milieu d’après-midi, évoluant à 7 782,59 points. Les échanges manquent de tonus, le jour férié français limitant mécaniquement la présence des opérateurs sur les parquets.
Les investisseurs dédramatisent la posture trumpienne
Le week-end dernier, le président américain a fait savoir qu’il comptait relever les droits de douane à 30 % sur les produits en provenance de l’Union européenne et du Mexique à compter du 1er août. Si cette annonce génère quelques remous, bon nombre d’analystes y décèlent plutôt une tactique de négociation qu’une mesure définitive.
Jim Reid, analyste chez Deutsche Bank, fait remarquer que « il y a un mois, Trump évoquait des droits à 50 % contre l’Union européenne, donc cette réduction pourrait être perçue comme un progrès ». Sa lecture : le marché interprète cette sortie comme un outil de pression dans les négociations commerciales, doutant qu’une telle hausse voit réellement le jour.
L’Europe privilégie la voie diplomatique
Dans ce contexte tendu, UBS suggère que Washington cherche à optimiser sa position avant les pourparlers, quitte à tempérer ses ardeurs si les marchés financiers s’emballent. Actuellement, un plancher de 10 % de droits douaniers frappe déjà les importations européennes.
Trump a prévenu qu’il pourrait durcir encore ces taxes si l’Europe répliquait. Côté européen, Bruxelles joue la montre et mise sur le dialogue. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a réaffirmé sa volonté de privilégier « une solution négociée » et compte utiliser le délai jusqu’au 1er août pour désamorcer la crise.
UBS table sur le fait que « les deux parties parviendront probablement à un compromis avant cette échéance », ou que Washington repoussera une nouvelle fois l’ultimatum pour prolonger les discussions. Reste que les exigences américaines, notamment l’accès libre au marché américain, corsent singulièrement la donne et accroissent le risque d’une escalade commerciale préjudiciable aux deux rives de l’Atlantique.
Mouvements disparates sur les valeurs
Du côté des titres, Hermès recule de 1,8 %, pénalisé par Jefferies qui a dégradé sa recommandation de « acheter » à « conserver ».
À l’opposé, les valeurs défensives tirent leur épingle du jeu. Danone gagne 1,4 %, tandis que Dassault Aviation (+1,9 %) et Thales (+1 %) profitent des annonces d’Emmanuel Macron sur le renforcement du budget défense, avec 3,5 milliards d’euros supplémentaires prévus pour 2026 et 3 milliards pour 2027.
Hors CAC 40, Rémy Cointreau rebondit de 4 % après une belle série liée aux espoirs d’un accord transatlantique préservant les spiritueux européens de lourdes surtaxes. L’annonce de Trump vient toutefois ternir cette euphorie, poussant le marché à sécuriser une partie des gains engrangés.
Valneva s’envole de 8 % après que l’agence européenne a levé les restrictions temporaires concernant son vaccin contre le chikungunya chez les plus de 65 ans. Eurazeo progresse de 2,4 % suite à l’annonce de la cession potentielle de CPK, propriétaire de plusieurs marques de confiserie, à une filiale de Ferrero.
Devises et matières premières en ordre dispersé
Sur le front des changes, l’euro résiste face au dollar, évoluant pratiquement à l’équilibre autour de 1,1696 USD. Les cours pétroliers affichent une progression : le contrat septembre sur le Brent de la mer du Nord gagne 1,1 % à 71,16 dollars le baril, tandis que le contrat août sur le WTI à New York progresse de 1,2 %, s’établissant à 69,25 dollars le baril.

