Le 14 juillet, Thales et Dassault Aviation ont bénéficié d’une progression remarquable à la Bourse de Paris après les déclarations d’Emmanuel Macron sur un renforcement massif des budgets militaires à venir.
Des performances boursières qui tranchent avec le reste du secteur
Lundi, Thales a gagné 1,2 %, se classant au deuxième rang des meilleures performances du CAC 40. De son côté, Dassault Aviation a progressé de 2,1 %. Ces hausses dépassent largement celles observées chez les autres acteurs européens de la défense : Rheinmetall n’a gagné que 0,4 % à Francfort, BA Systems 0,5 % à Londres.
Macron mise gros sur l’industrie de défense
Le président a dévoilé lors de son discours aux armées une augmentation des dépenses militaires de 3,5 milliards d’euros en 2026 et 3 milliards en 2027. L’objectif ? Doubler le budget de la défense française sur cette période. La loi de programmation militaire 2024-2030 sera révisée dès l’automne pour intégrer ces nouvelles orientations.
Macron a tranché net : pas question de s’endetter pour financer cet effort. Il table plutôt sur une montée en puissance de l’activité industrielle et de la production nationale. L’engagement collectif de la nation sera nécessaire pour soutenir cet investissement, dont François Bayrou détaillera les modalités prochainement.
Munitions, drones et spatial au programme
Ces crédits supplémentaires viseront principalement les stocks de munitions, les capacités en drones, les systèmes spatiaux et les équipements du quotidien des forces armées. La banque Jefferies estime que ces annonces représentent une hausse de 7 % des dépenses en 2026 et de 11 % en 2027 par rapport au plan initial. Une croissance annuelle de 13 % puis 11 % sur ces deux années.
Jefferies identifie Thales et Dassault Aviation comme les principaux bénéficiaires potentiels. Leurs chiffres d’affaires dépendent respectivement à 22 % et 32 % de la défense française, même si cette exposition a récemment évolué, particulièrement chez Dassault.
L’Europe accélère son réarmement
D’autres grands noms comme Safran, Airbus, Leonardo ou Bae Systems devraient également profiter de ces décisions. Le marché de la défense a d’ailleurs été particulièrement dynamique en 2025 : +83 % pour Thales et +56 % pour Dassault Aviation au premier semestre. L’allemand Rheinmetall a explosé avec +200,7 %.
Cette montée en puissance s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu où l’Europe repense son autonomie défensive. Les États-Unis, qui réduisent leur engagement direct sur le continent, encouragent ce réarmement. L’Allemagne a déjà annoncé plusieurs centaines de milliards d’investissements dans ce secteur.
Le sommet de l’OTAN de juin a fixé une nouvelle cible : 5 % du PIB d’ici à 2035, bien au-delà de l’objectif précédent de 2 %. Selon la Royal Bank of Canada, cette ambition pourrait générer une augmentation annuelle moyenne de 2 000 milliards de dollars dans les budgets militaires de l’Alliance, soit une croissance annuelle proche de 8 % entre 2024 et 2035.

