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L’or franchit les 4 000 dollars l’once : jusqu’où peut grimper le métal précieux ?

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écrit par Julien

octobre 12, 2025

Voilà plusieurs semaines que l’or pulvérise tous les records en franchissant pour la première fois le seuil symbolique des 4 000 dollars l’once. Cette envolée spectaculaire de plus de 50 % depuis janvier révèle une dynamique haussière alimentée par un cocktail de facteurs macroéconomiques et géopolitiques.

Le métal jaune s’envole

Depuis le début d’année, l’or a bondi de plus de 51 %, surpassant largement les performances des grandes places boursières mondiales. Un niveau inégalé depuis 1979, époque marquée par la seconde crise pétrolière et les bouleversements politiques en Iran qui avaient propulsé le baril vers des sommets. Cette accélération prend de court même les analystes les plus optimistes : mi-septembre, Deutsche Bank avait pourtant rehaussé ses objectifs à 4 000 dollars l’once, une prévision balayée en quelques semaines.

Les ressorts de cette flambée

Plusieurs facteurs convergent pour expliquer cet appétit décuplé pour l’or. Au premier rang, les turbulences politiques et économiques, amplifiées par des politiques commerciales erratiques et la menace persistante de nouveaux droits de douane. Ces tensions renforcent le statut de valeur refuge de l’or, d’autant plus que les autres actifs traditionnellement considérés comme sûrs – dollar, obligations américaines, yen – vacillent. Les difficultés budgétaires américaines ébranlent particulièrement la confiance dans le billet vert, détournant les capitaux vers le métal précieux.

Parallèlement, la stratégie d’accumulation massive des banques centrales, menée tambour battant par la Chine et plusieurs pays émergents, soutient la demande depuis bientôt deux ans. UBS observe que ces acquisitions, initialement dictées par la peur des sanctions internationales, se sont transformées en véritable stratégie de diversification sur le long terme. Enfin, la détente monétaire amorcée en septembre par la Réserve fédérale américaine joue en faveur de l’or : cet actif qui ne génère aucun rendement tire profit de la baisse des taux d’intérêt.

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Shutdown et tensions géopolitiques en toile de fond

La faiblesse du dollar face aux autres devises mondiales amplifie le mouvement, rendant l’or plus abordable pour les acheteurs étrangers. Le « shutdown » gouvernemental américain, qui paralyse une partie de l’administration fédérale, épaissit le brouillard d’incertitude. Les marchés se retrouvent privés d’indicateurs économiques cruciaux comme le rapport mensuel sur l’emploi, alimentant l’aversion au risque.

Au-delà des tensions outre-Atlantique, les soubresauts politiques en France et au Japon contribuent aussi à cette nervosité ambiante, offrant un soutien indirect au cours de l’or. Selon Nicky Shiels de MKS PAMP, ces perturbations multiples, couplées aux préoccupations budgétaires, nourrissent directement la progression du métal.

Les experts misent sur la poursuite de l’ascension

Malgré cette envolée déjà impressionnante, les spécialistes restent convaincus que le plafond n’est pas encore atteint. Deutsche Bank estime que l’or conserve un potentiel de hausse significatif, porté notamment par l’environnement de taux bas et les pressions politiques croissantes sur l’indépendance de la Fed, que l’administration américaine cherche à influencer.

UBS a ajusté ses prévisions à la hausse, tablant sur un cours de 4 200 dollars l’once avant la fin décembre et un maintien de ce niveau l’année suivante. Cette révision s’appuie sur un regain d’intérêt des fonds indiciels (ETF) et des investisseurs particuliers, avec un afflux attendu de près de 830 tonnes d’or sur l’exercice en cours, bien au-dessus des 450 tonnes initialement prévues. Du côté des banques centrales, la demande devrait osciller entre 900 et 950 tonnes, restant toutefois en deçà du record établi en 2024.

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Cap sur les 5 000 dollars l’once ?

Goldman Sachs emboîte le pas en réhaussant ses objectifs : la banque d’affaires américaine vise désormais 4 900 dollars l’once d’ici fin 2025, contre 4 300 dollars précédemment. Cette révision reflète une dynamique haussière robuste, avec une progression annuelle anticipée de 23 %. L’établissement mise sur la persistance des achats par les banques centrales et l’engouement maintenu des ETF occidentaux, dans un contexte où les taux américains devraient chuter d’un point de pourcentage d’ici mi-2026.

Goldman Sachs souligne que les risques penchent plutôt vers le haut, suggérant que ces objectifs pourraient encore être revus à la hausse. David Chao d’Invesco Asset Management préconise de renforcer l’exposition à l’or dans les portefeuilles, même à ces niveaux élevés, pour se protéger contre l’affaiblissement du dollar et anticiper d’éventuels chocs futurs.

L’optimisme des banques européennes

ING partage cette vision haussière, évoquant une tendance de fond nourrie par les acquisitions continues des banques centrales, les frictions commerciales persistantes et l’expansion des avoirs en ETF. La banque néerlandaise a revu ses objectifs pour le quatrième trimestre 2025, visant un prix moyen de 4 000 dollars l’once qui porterait la moyenne annuelle à 3 402 dollars, avant un nouveau palier vers 4 150 dollars en 2026.

Ces perspectives convergentes confirment le rôle central de l’or comme valeur de référence dans un environnement dominé par l’incertitude et les soubresauts des marchés financiers.

julien

Passionné de finance, de crypto et d’investissements, Julien est le flair derrière les publications de Minoritaires.com. Toujours à l’affût des tendances émergentes, il excelle dans l’art de “digger” l’info fraîche avant tout le monde. Analyste rigoureux et vulgarisateur dans l’âme, il éclaire chaque actualité avec clarté, pertinence et une dose d'enthousiasme contagieux. Avec Julien, l’info financière devient aussi captivante qu’un thriller.